Afrique de l'Ouest: Mauritanie-Mali - Nouakchott hausse le ton après de nouveaux incidents à la frontière

Entre la Mauritanie et le Mali, le ton monte à nouveau. Nouakchott accuse l'armée malienne d'avoir commis de nouvelles exactions contre ses ressortissants civils, lors d'événements survenus en territoire malien non loin de la frontière entre les deux pays.

Dans un communiqué diffusé samedi 28 mars par le ministère mauritanien des Affaire étrangères, Nouakchott exprime sa « profonde inquiétude » à la suite d'« incidents sécuritaires graves » avec Bamako survenus deux jours plus tôt, et annonce avoir formellement identifié cinq victimes d'une tuerie commise en territoire malien comme étant originaires de villages mauritaniens de la wilaya d'Hodh el-Gharbi, dans le sud du pays.

Dans ce même document, la Mauritanie invite aussi le Mali à « mettre un terme aux exactions répétées » qui visent ses ressortissants depuis quatre ans, selon elle, et exige que des enquêtes crédibles soient menées à ce propos. Quant aux Mauritaniens qui vivent à proximité des zones frontalières, le gouvernement les invite à la « plus grande vigilance ».

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Dans une dépêche publiée dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 mars, des sources locales citées par l'agence de presse mauritanienne Al-Akhbar expliquent que les victimes ont été arrêtées puis tuées par les Forces armées maliennes (Fama) près de Yélimané, au Mali, à environ 70 kilomètres de la frontière entre les deux pays qui s'étend sur plus de 2 000 kilomètres de long.

Multiplication des tensions

Officieusement, une source militaire malienne contactée par RFI affirme pour sa part que les Fama menaient, la semaine dernière, une opération anti-jihadiste dans un village malien proche de la frontière. « Des terroristes ont été neutralisés », indique cette source.

Ce nouvel incident intervient alors que les relations entre les deux pays sont actuellement très délicates, la Mauritanie accusant régulièrement le Mali et les mercenaires russes qui l'appuient de confondre civils mauritaniens et jihadistes.

Alors qu'en début de semaine, Nouakchott a déjà condamné les « attaques répétées » de citoyens mauritaniens au Mali après la mort de deux bergers mauritaniens exécutés le 20 mars, une patrouille malienne a également fait irruption mercredi 25 mars dans des villages frontaliers où la ligne de démarcation entre les deux pays n'est pas bien matérialisée. Avant de s'en retirer, celle-ci avait exigé - en vain - que le drapeau mauritanien soit descendu d'une école.

Sans surprise, cette montée des tensions entre les deux voisins suscitent l'inquiétude des observateurs. « Si on veut éviter le pire, les deux parties doivent s'asseoir pour aller, pour une fois, dans le fond du dossier », confie ainsi un diplomate de la sous-région.

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