Mali: Les détails des attaques de l'État islamique à Ménaka la semaine dernière

Au Mali, on en sait davantage sur les deux attaques menées par les jihadistes de l'État islamique jeudi 26 et vendredi 27 mars derniers à Ménaka, près de la frontière nigérienne, même si leur bilan diverge fortement selon les sources.

Jeudi, une embuscade a été tendue à l'armée et à ses supplétifs locaux et russes au nord de la ville, avant une riposte aérienne de l'armée malienne. Vendredi, les jihadistes ont attaqué un poste militaire à l'entrée même de la ville. La région de Ménaka est entièrement contrôlée par l'État islamique depuis trois ans. Seule la ville de Ménaka reste sécurisée par les forces maliennes et leurs partenaires.

Jeudi 26 mars, les jihadistes de l'État islamique ont d'abord tendu une embuscade à une patrouille de l'armée malienne accompagnée de ses supplétifs locaux du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), un groupe politico-militaire allié des autorités maliennes de transition, et de ses partenaires russes de l'Africa Corps. C'était à Terazé, entre Chimam et Ikadewane, à 70 kilomètres au nord de Ménaka.

Tirs éloignés

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Toutes les sources locales jointes par RFI - notabilités civiles, cadres de groupes armés alliés ou ennemis des autorités maliennes de transition - s'accordent sur le fait que l'embuscade jihadiste s'est limitée à des tirs éloignés, qui n'ont causé aucune perte au sein de la patrouille militaire, et qu'un renfort aérien par hélicoptère a rapidement été dépêché par l'armée pour bombarder les assaillants.

Dans un communiqué diffusé vendredi 27 mars, l'armée malienne ne mentionne pas cette embuscade mais revendique « une cinquantaine de terroristes neutralisés » lors de frappes aériennes à 38 kilomètres au nord-ouest de la ville de Ménaka. Les sources proches du régime en place confirment « plusieurs dizaines de morts », le décompte étant incertain car les jihadistes auraient emporté des corps dans leur fuite. Les autres sources contestent catégoriquement ce bilan présenté comme fantaisiste et assurent que les frappes, si elles ont permis de sécuriser le retour de la patrouille, n'ont causé aucun dégât.

Poste militaire de Touloupe

Le lendemain, vendredi, les jihadistes ont pris d'assaut le poste de contrôle de Touloupe, à la sortie sud-est de la ville de Ménaka, sur la route d'Anderamboukane. L'armée malienne n'a pas communiqué sur cette attaque et, sollicitée par RFI, n'a pas donné suite.

L'État islamique a officiellement revendiqué deux victimes au cours de cette offensive, sans mentionner les frappes de la veille. Les sources locales jointes par RFI confirment toutes qu'il y a eu deux militaires tués (un adjudant-chef de l'armée de terre et un sergent-chef de la police) et un jihadiste abattu. Au moins deux civils - deux enfants - ont également péri sous les balles des jihadistes dans l'attaque de ce poste militaire, alors que deux autres blessés. Un véhicule a été détruit et du matériel emporté.

Sécuriser la ville

Cela fait trois ans que l'État islamique a pris le contrôle de la quasi-totalité de la région de Ménaka et de certaines parties des régions voisines de Gao et d'Ansongo. Depuis, l'armée malienne et ses supplétifs parviennent cependant à sécuriser la ville de Ménaka et s'efforcent d'organiser des patrouilles dans la région. Les derniers affrontements remontaient à la fin du mois de janvier. Il y a un an, en mai 2025, le président de la société civile de Ménaka, Sidi Barka, avait été enlevé en pleine ville avant d'être exécuté par l'État islamique deux mois plus tard.

L'État islamique est nettement plus actif au Niger voisin où le groupe jihadiste mène régulièrement des attaques meurtrières dans la région de Tillabéry. L'État islamique avait aussi revendiqué l'attaque de l'aéroport de Niamey à la fin du mois de janvier.

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