Burkina Faso: 2e session des assises criminelles au TGI de Fada N'Gourma - L'affaire « détournement massif d'engrais en 2024 » inscrite au rôle

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N'Gourma tient, du 30 mars au 8 avril 2026, sa deuxième session spéciale. Au menu, huit dossiers dont l'affaire très attendue du « détournement massif d'engrais en 2024 », un scandale qui avait fortement défrayé la chronique et suscité une vive indignation au sein de la population.

Dans les jours à venir, les présumés auteurs du détournement massif d'engrais en 2024, à Fada N'Gourma, connaitront leur sort. Au nombre de 18, ils comparaîtront devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N'Gourma, à l'occasion de la deuxième session des assises criminelles de la juridiction qui se tiennent du 30 mars au 8 avril 2026, pour répondre d'une série d'infractions liée à l'appropriation frauduleuse et à la vente d'engrais initialement destinés à la campagne agricole 2022-2023.

Parmi eux, figurent dix agents de la direction régionale en charge de l'Agriculture, dont le directeur régional et le directeur provincial en fonction au moment des faits, ainsi que huit commerçants. Selon le procureur du Faso près le TGI de Fada N'Gourma, Salam Ouédraogo, l'enquête a permis de comprendre comment des intrants officiellement destinés à soutenir la production agropastorale se sont retrouvés dans des boutiques du grand marché de Fada N'Gourma.

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« Nous avons ouvert une enquête qui nous a permis d'interpeller une vingtaine de personnes, dont plusieurs responsables techniques. Les intrants saisis ont été récupérés et remis au ministère en charge de l'Agriculture », a-t-il indiqué. Pour le parquet, cette affaire est d'une gravité particulière au regard du contexte national. « Au moment où les Burkinabè se battent pour l'autosuffisance alimentaire, il est inadmissible et incompréhensible que des agents censés accompagner les producteurs leur causent un tel tort. Cela pose un réel problème de déontologie et de probité », a-t-il déploré.

« Des peines minimales de 11 ans d'emprisonnement »

Poursuivis pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, concussion, faux et usage de faux en écriture publique et conflit d'intérêt, les prévenus encourent, selon le procureur Ouédraogo, des peines minimales de 11 ans d'emprisonnement, pouvant aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité.

Outre ce dossier emblématique, sept autres affaires seront examinées durant cette session spéciale. Elles portent notamment sur des faits de meurtre, d'assassinat, de complicité d'assassinat, de viol, d'association de malfaiteurs et de grand banditisme.

Au regard de la singularité et de la récurrence de certaines infractions, le procureur du Faso a invité la population à suivre les audiences, rappelant leur rôle pédagogique. « On ne finit jamais d'apprendre. Chaque procès est un lieu d'apprentissage.

Cela permet de tirer des leçons sur des actes que certains considèrent comme banals alors qu'ils sont sévèrement réprimés par la loi pénale », a-t-il souligné. En plus des deux sessions criminelles spéciales de l'année, la première ayant eu lieu du 16 au 20 mars 2026, la juridiction tient, deux fois par mois, des audiences criminelles ordinaires.

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