Mali: Ntekedo, le prolongement d'une révolution énergétique, après Bourakébougou

A quelques encablures de Bamako, dans le village de Ntekedo, situé à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Bourakébougou, dans la commune de Faladiè N'Tjiba, un forage destiné à l'approvisionnement en eau a révélé, le 17 mars 2026, une ressource insoupçonnée : l'hydrogène naturel. Ce nouveau puits, qui a mobilisé dès la première apparition les équipes de Hydroma Inc (anciennement Petroma Inc), apparaît comme le prolongement direct et miraculeux du site historique de Bourakébougou, découvert en 1987, déjà vanté par la communauté scientifique.

L'émergence d'une nouvelle source d'hydrogène naturel, dans le village de Ntekedo, en prolongement logique du gisement de Bourakébougou, confirme que le Mali concentre un potentiel énergétique unique au monde. Le modèle malien fascine et illumine l'humanité. Cette découverte peut être comprise qu'à la lumière de l'histoire de Bourakébougou, où jaillit dans cette localité perdue au creux des bitumes, en 1987, un puits destiné à l'alimentation en eau avait laissé échapper un «courant d'air» étrange. Une cigarette avait enflammé par inadvertance ce gaz, qui s'était avéré être de l'hydrogène pur. Longtemps oublié, ce site fut remis en service en 2007 par la société Petroma, devenue Hydroma sous l'impulsion de l'homme d'affaires, Aliou Boubacar Diallo.

L'homme ne cesse de transpirer et continue de partager avec le monde des chercheurs, experts et scientifiques cette précieuse et stratégique ressource issue d'une découverte, fruit du don de ciel. Dans cette zone, Hydroma Inc avait réalisé d'énormes travaux sur une partie couverte par une crawling baby de Dolorite. Les études avaient prouvé le fort potentiel de cette zone. Après, Hydroma Inc avait réalisé plusieurs dizaines de forages shallows et deeps, jusqu'à plus de 1 800 mètres, confirmant le potentiel géologique unique de la zone en hydrogène naturel.

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Les analyses menées par Chapman Petroleum Engineering, experts canadiens indépendants, ont confirmé la nature exceptionnelle du gisement, via des rapports NI 51-101 sur les ressources en hydrogène naturel. En 2012, une centrale expérimentale a permis de transformer ce gaz en électricité, offrant au village de Bourakébougou, son premier éclairage public. En 2022, l'installation d'une pile à combustible a permis de viabiliser cette ressource, laissant libre cours à une exploitation plus ambitieuse. Contrairement à l'hydrogène industriel, produit à partir d'énergies fossiles, l'hydrogène naturel ou « hydrogène blanc » est généré par des processus géologiques spontanés.

Invisible, inflammable et décarboné, il constitue une alternative écologique aux formes traditionnelles d'hydrogène (« gris », « bleu », « vert »), dont la production reste coûteuse et fortement émettrice de CO₂. Les estimations indiquent que le sous-sol de Bourakébougou recèle plus de 670 milliards de mètres cubes d'hydrogène exploitables. Cette abondance place le Mali en position de pionnier dans une filière énergétique encore balbutiante mais porteuse d'immenses promesses.

Une ressource rare et stratégique

La singularité du gisement malien attire l'attention de la communauté scientifique internationale. Le professeur Alain Prinzhofer, de l'Institut de physique du globe de Paris, compare cette découverte aux débuts de l'exploitation pétrolière au XIXe siècle, lorsque l'or noir était exploité avant même que son origine géologique ne soit comprise. Bourakébougou et désormais Ntekedo deviennent ainsi des laboratoires grandeur nature pour l'étude des mécanismes de génération d'hydrogène naturel, ouvrant la voie à une meilleure compréhension de cette ressource rare.

Au-delà de la science, l'hydrogène blanc suscite l'intérêt des décideurs politiques et des investisseurs internationaux. Les États-Unis, notamment, y voient un levier stratégique pour l'industrialisation énergétique verte. Le Mali, longtemps perçu à travers ses ressources minières traditionnelles (or, lithium), se positionne désormais comme un acteur incontournable de la transition énergétique mondiale. L'exploitation de l'hydrogène naturel pourrait réduire considérablement les coûts par rapport à l'hydrogène industriel, tout en renforçant la souveraineté énergétique du pays.

Défis et perspectives

Malgré son potentiel, l'hydrogène naturel reste entouré de mystères. Les scientifiques peinent à expliquer avec certitude son mode de génération et à établir un inventaire global des réserves exploitables. Les modes d'extraction performants doivent encore être mis au point, et la question de la rentabilité à grande échelle demeure ouverte.

Bien que presque pur, l'hydrogène de Bourakébougou doit être raffiné pour répondre aux standards industriels. Les infrastructures nécessaires à une exploitation massive exigent des investissements considérables et une coopération internationale. Le Mali devra relever le défi de transformer cette ressource en moteur de développement durable, tout en évitant les écueils liés à la dépendance technologique et aux pressions géopolitiques.

La découverte du gisement de Ntekedo, prolongement de Bourakébougou, confirme que le Mali est désormais au centre d'une révolution énergétique mondiale incontestable. Si les promesses de l'hydrogène blanc se concrétisent, le pays pourrait devenir un acteur incontournable de la transition énergétique, transformant une ressource rare en moteur de développement durable.

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