Afrique: Sécurité sanitaire des aliments en Afrique de l'Ouest - La FAO renforce les acquis de protection

Arrivé à son terme initial, le projet intitulé « Renforcement de la capacité de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments et amélioration de la qualité sanitaire de l'alimentation de rue au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal » bénéficie désormais d'une extension jusqu'en septembre 2026. Cette prolongation traduit à la fois l'importance de l'initiative et la nécessité de consolider les acaquis dans un contexte marqué par la persistance des risques sanitaires liés à l'alimentation.

Dans ce cadre, un atelier de renforcement des capacités de ces points focaux nationaux et sectoriels du Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments, connu sous l'acronyme INFOSAN, s'est tenu hier, lundi 30 mars à Dakar. Cette rencontre a réuni des représentants de la sous-région dont le Sénégal, le Burkina et le Mali, avec poir objectif de renforcer la coordination entre les différentes autorités impliquées dans la gestion des produits susceptibles de présenter un danger pour la santé publique. Il s'agit, à travers cet espace d'échanges, de favoriser une meilleure circulation de l'information et une réponse plus rapide et plus efficace en cas d'alerte sanitaire

Mis en oeuvre par la FAO et financé par le Grand-Duché de Luxembourg sous la coordination du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, ce projet lancé en 2022 affiche un taux de réalisation de 86 pour cent de ses activités. Cette progression, jugée significative, témoigne de l'engagement des acteurs nationaux et régionaux, comme l'a souligné la coordinatrice du projet au Mali, Dr Diouma Cissé.

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Revenant sur le rôle du réseau, le professeur Amadou Diop, président du Comité national du Codex du Sénégal, a rappelé que « le réseau Infosan, s'occupe au niveau international de tout ce qui est gestion des alertes en matière de sécurité sanitaire des aliments ». Il a, en outre, mis en lumière les résultats du diagnostic réalisé au Sénégal dans le cadre du projet. Il a déclaré que « nous avons réalisé dans le cadre de ce projet le diagnostic de la restauration de rue qui a montré beaucoup de faiblesses ayant trait aux manières de préparer, au matériel.

Il y a beaucoup de problèmes au Sénégal qui nous sont adressés et d'ailleurs ce n'est pas surprenant quand il est notifié beaucoup de cas d'intoxication de façon très courante dans le pays et la dernière que j'ai en date c'était au niveau de Kaolack où des gens avaient été contaminés par de la mayonnaise vendue au niveau des boutiques et du marché central ». Il a ajouté que « ce sont des cas qui nous interpellent et le réseau doit les traiter ».

Au sein de la FAO, Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments, a également relayé le message de la coordonnatrice sous-régionale par intérim pour l'Afrique de l'Ouest et représentante au Sénégal, Bintia Stephen Tchicaya.

Il a rappelé l'ampleur du fardeau des maladies d'origine alimentaire sur le continent africain. Il a ainsi affirmé que « déjà en 2015, les estimations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) faisaient ressortir qu'en Afrique, plus de 91 millions de personnes tombent malades chaque année, entraînant 137 000 décès soit un tiers de la mortalité mondiale due aux maladies d'origine alimentaire. L'Afrique perd 5,7 % à 7,1 % d'années de vie en bonne santé due aux diarrhées d'origine alimentaire ou hydrique contre 4,1% dans le monde ».

Il a ensuite précisé que « le diagnostic fait ressortir l'inefficience des systèmes d'inspection et de maîtrise des risques d'origine alimentaire, l'inadéquation des textes réglementaires par rapport aux risques émergents, la prolifération des aliments vendus sur la voie publique sans contrôle, l'insuffisance d'information et de sensibilisation des consommateurs ainsi que la mondialisation des échanges ».

Ces constats mettent en évidence la nécessité d'un renforcement des systèmes de contrôle et de prévention. Dans cette perspective, la FAO insiste sur l'importance d'une approche intégrée qui combine réglementation, formation des acteurs, sensibilisation des populations et coopération internationale. Dr Mamadou Ndiaye a soutenu que la prévention efficace et durable de ces maladies est essentielle pour améliorer la santé publique, la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que les performances commerciales des produits agroalimentaires.

Au-delà des résultats techniques, ce projet s'inscrit ainsi dans une ambition plus large visant à sécuriser les chaînes alimentaires, à protéger les consommateurs et à renforcer la résilience des systèmes sanitaires face à des risques qui évoluent constamment.

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