Congo-Kinshasa: Ni soudanisation, ni apocalypse au pays Joseph Kabila - Germain Kambinga condamne avec vigueur une posture contraire aux idéaux du Camp de la Patrie

Dans sa déclaration politique du vendredi 27 mars 2026, Germain Kambinga a délivré une analyse critique des prises de parole récentes de Joseph Kabila depuis la ville de Goma, au Nord-Kivu. Dans un esprit de lucidité avancée et de réaffirmation patriotique, il a épinglé la responsabilité de l'ancien Président de la République dans l'histoire de la République démocratique du Congo, ce beau et grand pays qui aura été sous sa gestion durant dix-huit ans. Là où Kambinga estime que le bât blesse, c'est le fait qu'un ancien Chef de l'Etat a, de façon délibérée, choisi de s'écarter de l'idéal du camp de la Patrie, adoptant une posture contraire aux valeurs de paix et de préservation de la souveraineté nationale, dans un contexte de crise sécuritaire attisée par le Rwanda.

« Lorsqu'un ancien président de la République choisit de s'exprimer depuis Goma en jouant les cassandres, une zone qui échappe au contrôle effectif de l'État congolais, une zone où l'autorité est exercée par une rébellion dont le soutien extérieur est documenté, cela ne peut pas être politiquement neutre.Il faut dire les choses avec clarté. Cette présence objective dans une zone sous influence rwandaise soulève une question stratégique majeure : à qui profite cette situation ? Le fait est le suivant : la présence d'une figure politique de premier plan, ancien chef de l'État, dans un espace contrôlé par une dynamique soutenue de l'extérieur, contribue à donner une façade interne à une crise dont les racines sont externes.

C'est cela que j'appelle, en termes politiques, la congolisation de l'agression rwandaise. Autrement dit, transformer cette guerre d'agression en conflit politique interne, afin d'en brouiller la lecture et d'en diluer les responsabilités. Dans cette logique, il n'est plus question seulement de position personnelle. Il est question d'intérêts. Et l'intérêt de l'agresseur, dans ce cas, est clair : affaiblir la lisibilité du conflit, fragmenter la cohésion nationale, et introduire une ambiguïté politique au sommet même de l'État congolais », a dénoncé, avec une bonne dose de fermeté, Germain Kambinga Katomba.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Vigilance face à la manipulation Pour le Leader du Mouvement Centriste Congolais, lorsqu'un ancien chef de l'État assume publiquement sa présence à Goma, le signal va au-delà d'un simple détail de convenance personnelle.»Goma n'est pas un espace neutre. C'est une zone où l'autorité de l'État congolais est contestée, et où l'influence du Rwanda, à travers ses pantins del'AFC/M23, est documentée par plusieurs rapports internationaux.

Dès lors, il faut poser une question stratégique fondamentale : quelle est la signification politique d'une telle présence ? », s'est-il demandé, lors du café politique du Mouvement Le Centre. »En politique, les symboles comptent autant que les actes. Être présent dans une zone sous contrôle ou sous influence d'une dynamique soutenue par un acteur extérieur, c'est, de fait, s'inscrire dans un environnement politique qui échappe à la souveraineté nationale. Et cela produit un effet objectif : donner une légitimité interne à une situation qui relève d'une agression extérieure. C'est précisément ce mécanisme qui alimente ce que certains appellent la « soudanisation ».

Et c'est ici que la contradiction devient majeure. D'un côté, on alerte sur un risque de fragmentation du pays, sur une possible dérive vers un scénario de type soudanais, marqué par la multiplication des centres de pouvoir et l'éclatement de l'autorité de l'État. De l'autre, on adopte une posture qui, concrètement, contribue à créer ces mêmes conditions », a ajouté l'ancien Ministre de l'industrie, dans sa communication.Tous derrière Félix Tshisekedi Dans sa lecture des faits, Kambinga Germain note une nette volonté de semer l'incertitude parmi les congolais.

Il reproche de ce point de vue à Joseph Kabila une attitude tendant à déstabiliser le pouvoir en place, piloté par son successeur, en la personne du Président de la République, Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, élu, en 2018, et réélu, à plus de 73% de suffrages, en 2023. « Lorsqu'un ancien président s'exprime depuis une zone sous influence étrangère, appelle à la une mobilisation contre les institutions en place, et entretient une ambiguïté sur sa position vis-à-vis de ces dynamiques, il devient, de fait, un acteur de ce processus qu'il prétend dénoncer.

Il ne s'agit pas ici d'un jugement moral. Il s'agit d'une lecture politique. Par ailleurs, l'appel à « changer la classe politique » mérite également d'être interrogé avec sérieux. Sur le principe, renouveler la classe politique est une aspiration légitime.Toutes les démocraties évoluent ainsi. Mais la question fondamentale est la suivante : comment ?Dans un État de droit, le renouvellement politique s'opère par des mécanismes clairs : les élections, les partis politiques, le débat démocratique, etc », a explicité, dans son élan, Germain Kambinga, devant cadres et militants du Mouvement Centriste Congolais, à Kinshasa.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.