Afrique: ONU - Pourquoi l'Union africaine ne soutient pas la candidature de Macky Sall

L'Union africaine a finalement tranché. Il n'y aura pas de soutien de l'organisation continentale à la candidature de l'ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Vingt pays sur les 55 qui composent l'UA se sont opposés à cette initiative portée par le président du Burundi et président en exercice de l'Union africaine, Evariste Ndayishimiye. Macky Sall a toutefois maintenu sa candidature, ses soutiens assurant qu'il a le soutien de la majorité de l'Afrique (35 sur 55). Des diplomates africains dénoncent une initiative du président burundais qui selon eux divise les pays africains. Qu'est-il reproché à Macky Sall ?

Il est d'abord reproché au nouveau président de l'Union africaine, Evariste Ndayishimiye, d'avoir opté pour la « procédure silencieuse », alors que les règles veulent que pour un poste aussi important le candidat soit d'abord adoubé par le comité des Candidatures de l'Union africaine avant d'être soumis à l'assemblée des chefs d'État.

« Il y avait une assemblée des chefs d'État deux semaines avant que le Burundi ne présente la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU, dans une lettre plutôt ambiguë ». Cela a irrité plus d'un chef d'État, qui parlent de « méthode cavalière », soulignent nos interlocuteurs.

Autre point qui fâche, les États ont généralement 48h pour réagir lors d'une procédure silencieuse. Pourquoi le bureau de l'UA leur a donné 24 heures seulement cette fois. « Certains pays ont eu l'impression que Ndayishimiye voulait leur forcer la main », nous dit-on.

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Tout comme d'autres n'ont pas compris jusqu'ici, pourquoi « le président burundais n'a pas daigné consulter au moins le Sénégal, son pays d'origine »... Enfin, d'autres encore rappellent que même si ce n'est pas écrit dans le marbre, le poste de secrétaire général de l'ONU doit revenir à l'Amérique latine.

« La manière dont tout cela a été fait a divisé l'Afrique et entache malheureusement les débuts de la présidence de l'UA du chef de l'État burundais », regrette un spécialiste de l'Afrique. « Cela risque de plomber sa présidence », prévient-il.

Des arguments que balaie d'un revers de main les soutiens du président burundais, qui rappellent que la procédure du silence est tout à fait « légale ».

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