L'annonce d'une prochaine rupture de stock du médicament Ritalin suscite une vive inquiétude chez de nombreux parents à travers le pays. Utilisé principalement dans le traitement du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), ce stimulant du système nerveux central est également prescrit dans certains cas de dépression ou de narcolepsie. À Maurice, il est administré dans les structures publiques, dont l'hôpital Brown-Séquard, en particulier aux enfants nécessitant un suivi spécialisé.
«On a appris que le médicament sera en rupture de stock et cela nous inquiète. On ne sait pas trop quoi faire», confie un parent, visiblement désemparé. Comme lui, plusieurs familles redoutent les conséquences d'une interruption ou d'un changement de traitement, souvent délicat à gérer pour les enfants concernés. Du côté du ministère de la Santé, la pénurie est confirmée. Les autorités assurent toutefois être pleinement mobilisées pour trouver des solutions dans les plus brefs délais.
En attendant un nouvel approvisionnement, des traitements de substitution seront proposés aux patients, notamment dans les hôpitaux publics. Une mesure transitoire, jugée nécessaire pour éviter toute rupture de prise en charge. Dans le secteur privé, les pharmaciens confirment que ce médicament n'est pas disponible en vente libre. «C'est un produit contrôlé, accessible uniquement sous encadrement strict, principalement dans les établissements hospitaliers», explique l'un d'eux.
Le méthylphénidate, principe actif du Ritalin, est en effet soumis à une réglementation stricte en raison de ses effets et de son potentiel d'abus, ce qui limite donc sa distribution.
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Une source du ministère précise que les difficultés actuelles s'expliquent en grande partie par les contraintes liées à l'approvisionnement. «Nous avons un quota à respecter pour ce type de produit et très peu de fabricants alimentent notre marché. Maurice représente un marché de petite taille, ce qui complique davantage les négociations avec les laboratoires.» Lors des appels d'offres pour 2024-25 et 2025-26, la demande n'aurait pas suscité suffisamment d'intérêt des fournisseurs, malgré des ajustements apportés aux volumes.
Face à cette impasse, le ministère a opté pour une procédure d'achat ouverte (open bidding), dans l'espoir d'attirer davantage de fournisseurs. Si une cotation a finalement été obtenue, les délais de production imposés par le laboratoire fabricant restent contraignants. «On nous parle d'un délai de quatre à six mois. Nous avons insisté pour accélérer le processus, compte tenu de la situation», souligne la source.
Parallèlement, des démarches ont été entreprises auprès de fournisseurs locaux afin d'explorer d'autres pistes d'approvisionnement, y compris sur le continent africain. Les autorités n'excluent pas la possibilité d'obtenir un quota limité en attendant une livraison plus conséquente. Toutefois, les procédures d'importation pour ce type de médicament, nécessitant des permis spécifiques, ajoutent une complexité au processus.
En attendant, psychiatres et pédopsychiatres sont invités à se tourner vers d'autres molécules disponibles, utilisées avant l'introduction du Ritalin. «Nous savons que ces alternatives ne sont pas toujours aussi efficaces, mais elles permettent d'assurer une certaine continuité des soins», reconnaît-on.
Au ministère, l'on insiste sur le fait que la situation est suivie de près et que tout est mis en oeuvre pour y remédier. «Nous comprenons parfaitement l'inquiétude des parents. Nous faisons le maximum pour que ce médicament soit de nouveau disponible dans les meilleurs délais.» Une attente désormais partagée par de nombreuses familles, dans l'espoir d'un retour rapide à la normale.