Afrique: FAMM Awards 2026 - Un tournant historique pour la souveraineté pharmaceutique du continent

Première édition de la cérémonie de remise de prix Amadou Mahtar Mbow le 31 mars 2026.
1 Avril 2026

"L'Afrique ne peut prétendre à une souveraineté véritable sans réappropriation de ses savoirs." C'est par ces mots de Madame Fatou Mboup, administratrice générale de la Fondation Amadou Mahtar Mbow, que l'on peut retenir de l'essence-même de cette première édition de la remise de prix éponyme, pour la recherche pharmaceutique et la démocratisation des savoirs endogènes.

Hier matin, au Musée des Civilisations Noires à Dakar, s'est tenu un rendez-vous historique. La cérémonie de remise de la première édition du Prix Amadou Mahtar Mbow pour les Savoirs Endogènes a réuni, sous le Haut Patronage du Président de la République Sénégalaise, une assemblée à la mesure de l'événement : ambassadeurs du Ghana et du Maroc, membres du gouvernement sénégalais, chercheurs de renom, partenaires institutionnels et étudiants venus de tout le continent.

Un Prix né d'une conviction : l'Afrique a ses propres réponses

Fondée le 20 mars 2021 lors du Centenaire de son illustre parrain, reconnue d'utilité publique par décret en septembre 2024, la FAMM s'est construite autour d'une certitude profonde : les savoirs endogènes africains ne sont pas des curiosités d'un autre âge, ils sont une ressource vivante, rigoureuse et porteuse de solutions concrètes aux défis sanitaires du continent.

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Le diabète, l'hypertension, des pathologies qui frappent encore trop d'Africains ; autant de maux pour lesquels la pharmacopée traditionnelle recèle des pistes thérapeutiques que la science moderne commence à peine à mesurer. C'est dans cet esprit que la FAMM œuvre aux côtés des universités sénégalaises à la réalisation de monographies scientifiques sur les plantes médicinales, avec pour objectif clair : concevoir des médicaments d'origine endogène capables de réduire la dépendance chronique du continent à l'importation de produits pharmaceutiques étrangers.

Parmi les nombreux étudiants présents, M. Abdou Ndiaye, étudiant en pharmacie à l'Université Cheikh Anta Diop avec lequel notre rédaction a pu s'entretenir, a expliqué que l'objectif de ces travaux était d'atteindre une efficacité suffisante pour réduire concrètement la dépendance aux importations de médicaments. Il a également souligné que l'appui de la FAMM dans les travaux de recherche constituait un avantage net pour les thésards engagés dans ce domaine.

Un jury exigeant, un Prix qui ne se solde pas

Le Maître de cérémonie, le Professeur Massamba Gueye, a conduit les différentes séquences d'une matinée rythmée par des temps forts successifs. Vingt candidatures avaient été retenues à l'issue d'un processus de sélection rigoureux. Si le Grand Prix n'a finalement pas été décerné, faute d'avoir atteint le seuil statutaire de 17/20, la FAMM a assumé cette décision sans ambiguïté. Le Prix d'Encouragement a été attribué au Professeur Cheikh Sall, dont les travaux ont obtenu la note de 15,5/20.Le Professeur Pape Salif Sow, Président du Jury, a indiqué que ce Prix représentait une trajectoire et une responsabilité : celle de construire une Afrique citoyenne, capable d'éclairer le monde par son savoir, et qu'Amadou Mahtar MBOW en avait lui-même été un signal fort.

De nouveaux chantiers pour ancrer l'avenir

La cérémonie a également marqué le lancement officiel d'un projet structurant, déjà en cours, porté par l'Université Amadou Mahtar Mbow : la création d'un Jardin Multisite et d'une Grainothèque au sein de sa Bibliothèque Universitaire. Pensé comme un laboratoire vivant mêlant plantes médicinales, semences locales et documentation des savoirs traditionnels, ce projet incarne concrètement la philosophie des « communs de la connaissance » chère au Professeur Mbow. En apportant son soutien à cette initiative, aux côtés du projet de monographies de la pharmacopée sénégalaise et de la Fédération nationale des praticiens de la médecine traditionnelle, la FAMM investit dans le modèle universitaire africain de demain.

Un appel solennel au continent

En distinguant cinq figures majeures de la recherche endogène africaine, M. Gaoussou Sambou, les Professeurs Rokia Sanogo, Jeanne Yonkeu Ngogang, Emmanuel Bassène et, à titre posthume, le Professeur Edward Ayensu, la FAMM a rappelé que la souveraineté scientifique se construit sur des décennies de travail patient et souvent silencieux. Ce Prix est, en définitive, un appel lancé à toute l'Afrique. Appel notamment émis par M. Amadou Kane, Président du Conseil de Fondation, lors de son discours : « Pour bâtir la civilisation de demain, il faut investir sur les savoirs dont nous avons hérité. Cette Afrique-là, celle des savoirs, de la rigueur et de l'excellence est bien vivante, et la Fondation Amadou Mahtar Mbow sera toujours, fidèlement et fièrement, à ses côtés ».

La prochaine édition du Prix est fixée en mars 2028.

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