Face à la volatilité des cours mondiaux du cacao, les pays producteurs - réunis au sein de l'ICCO, l'Organisation internationale du Cacao - tentent de s'organiser. En effet, les cours mondiaux du cacao sont passés de 11.000 $/tonne à près de 2.900 $ la tonne, ce qui n'arrange pas les pays producteurs. Une réunion du collège des producteurs de l'ICCO est prévue la semaine prochaine afin d'élaborer une stratégie commune pour pallier la chute des prix.
Face à la presse, les responsables de l'ICCO mettent l'accent sur un point : selon eux, la baisse des cours mondiaux du cacao est liée en partie à un recul de la demande des industriels.
« Après un an de prix élevés, c'est la réponse des grandes sociétés de broyage de cacao et des grandes marques de chocolat qui se sont adapatées à la situation des prix élevés, et qui ont adopté des stratégies avec de nombreuses composantes, consistant notamment à réduire la teneur en cacao dans les produits », explique Michel Arrion, le directeur exécutif de l'ICCO, au micro de notre correspondante à Abidjan, Bineta Diagne.
Après un prix record de 2 800 francs CFA le kilo lors de la campagne principale, le gouvernement a fixé début mars le prix bord champ de la campagne intermédiaire à 1 200 francs CFA. Une chute de près de 60 %, liée au recul des cours mondiaux.
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Le collège des producteurs de l'ICCO se réunira la semaine prochaine, en visioconférence, pour décider d'une stratégie à adopter. Parmi les pistes envisagées, figure l'intérêt à encourager chaque pays producteur de développer la transformation du cacao sur place. Mais aussi, cibler de nouveaux marchés. Notamment les pays émergents.
« Ce qui nous dérange, c'est plus la substitution, la fabrication en laboratoire, faire du chocolat sans un gramme de cacao », tacle Aly Touré, le porte-parole du collège des producteurs de l'ICCO pour qui il faut aller rapidement à l'assaut des marchés émergents tels que la Chine ou la Russie. Dans cet état d'esprit, l'ICCO souhaiterait élargir ses membres à des pays consommateurs comme la Turquie, le Pakistan et l'Inde.
Une réunion du collège des producteurs de l'ICCO devrait se tenir la semaine prochaine afin d'élaborer une stratégie commune.
Je dirais que la chute des prix en 2026 relève des rapports de force. Les industriels ont structurellement reconfiguré leurs produits. Ils ne reviendront pas là-dessus. La demande mondiale de cacao est durablement affaiblie. Dans ce contexte, la seule variable d'ajustement disponible est l'unité des pays producteurs et leur capacité à sortir du rôle de vendeurs contraints de faire vite. Cette énième crise dans la filière appelle à une coordination stratégique des actions des pays producteurs en vue de consolider les acquis. Voilà pourquoi le Collège des producteurs, qui représente 95 % de la production mondiale, de l'Organisation internationale du cacao, se réunira en vue d'analyser la situation du marché, de proposer des pistes de solution et d'explorer plusieurs options stratégiques pour soutenir le groupe du cacao.
Aly Touré, porte-parole du collège des producteurs au sein de l'ICCO: «La demande mondiale de cacao est durablement affaiblie»