Le Sénégal est confronté au gaspillage alimentaire et aux pertes postrécolte Pour lutter contre ce phénomène, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a lancé un projet en collaboration avec le ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage. L'atelier national de lancement du projet a eu lieu mardi dernier à Touba, en présence de tous les acteurs concernés.
L'activité s'est tenue à l'auditorium du complexe Hizbut Tarqiyyah à Touba, avec la participation de Dr Alpha Ba, ministre et Secrétaire d'État aux Coopératives et à l'Encadrement paysan, de Mme Bintia Stephen Tchicaya, coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l'Afrique de l'Ouest et représentante par intérim de la FAO au Sénégal, ainsi que des acteurs locaux.
Selon Mme Tchicaya, les pertes postrécolte constituent un obstacle majeur au développement du secteur agroalimentaire au Sénégal. Elle a indiqué que ces pertes s'élèvent à environ 400 milliards par an, touchant principalement les produits horticoles, les céréales et les produits d'origine animale périssables comme le poisson, la viande et le lait.
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Mme Tchicaya attribue ce phénomène à plusieurs facteurs, notamment l'insuffisance des infrastructures de stockage, un accès limité à la chaîne du froid, des pratiques postrécolte inadaptées, une valorisation insuffisante des déchets alimentaires provenant des marchés, ménages et grands rassemblements, entre autres.
Développer des chaînes du froid durables, basées sur des solutions d'énergie propre et renouvelable
Cependant, selon Mme Tchicaya, il existe des solutions adaptées aux contextes locaux pour lutter contre ces pertes. Elle mentionne notamment le développement de chaînes du froid durables, basées sur des solutions d'énergie propre et renouvelable, permettant de préserver les produits périssables tout en réduisant les coûts énergétiques.
Pour réduire les pertes après récolte, Mme Tchicaya préconise l'amélioration des solutions de stockage, notamment pour les céréales. Elle cite également le séchage solaire, les traitements thermiques et les procédés de fermentation comme techniques de transformation et de conservation des produits agricoles, permettant de prolonger leur durée de vie et de générer de la valeur ajoutée locale.
Elle propose les biodigesteurs pour transformer les déchets organiques en énergie renouvelable. Elle ajoute la technologie des mouches soldats noires, qui valorise les déchets organiques en protéines animales pour l'alimentation animale (aviculture, pisciculture), tout en produisant des fertilisants organiques pour améliorer la fertilité des sols.
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Le choix de Touba pour le lancement de ce projet n'est pas anodin, selon Mme Tchicaya. Au-delà de son importance spirituelle, Touba est, selon elle, un pôle majeur de consommation, un espace de solidarité et d'hospitalité, et un laboratoire idéal pour valoriser les restes alimentaires issus de grands rassemblements comme le Grand Magal.
Dr Alpha Ba, ministre et secrétaire d'État aux Coopératives et à l'Encadrement paysan, souligne que Touba est un carrefour économique, social et spirituel majeur du Sénégal. Les grands événements religieux qui s'y déroulent génèrent des flux importants de denrées alimentaires en peu de temps, ce qui en fait un lieu idéal pour tester ce projet. Le maire de Touba ainsi que les acteurs locaux qui ont assisté à la cérémonie se sont engagés à soutenir ce projet.
« Nous considérons qu'une fois les résultats produits à partir de la ville de Touba, ils pourront être diffusés et mobilisés dans toutes les autres contrées du Sénégal parce que qui connaît Touba connaît son attachement aux réalités socioculturelles », dit-il.