Congo-Kinshasa: Un scandale qui expose la crise des hôpitaux publics

Le scandale de Kinkole, à Kinshasa, où un médecin a giflé une accouchée opposée à une suture sans anesthésie, relance le débat sur le manque de médicaments et d'équipements dans les hôpitaux publics en RDC.

En République démocratique du Congo, les professionnels de santé dénoncent le manque de médicaments et d'équipements médicaux nécessaires à la bonne prise en charge des patients dans les hôpitaux publics. Cette situation a été mise en lumière il y a quelques jours par un scandale survenu à l'hôpital général de référence de Kinkole, dans l'est de Kinshasa, où un médecin avait administré des gifles à une accouchée qui s'était opposée à une suture sans anesthésie. Certains analystes estiment que la gratuité des soins en maternité entraîne un afflux excessif de patients dans des hôpitaux insuffisamment équipés.

Une accouchée giflée, un système de santé sous pression

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Alors que le médecin accusé d'avoir administré les gifles est désormais poursuivi devant la justice congolaise, cet incident continue de susciter de vives réactions. Et c'est précisément ce scandale de Kinkole qui a mis en lumière le manque criant de médicaments et de matériels dans les hôpitaux publics de RDC.

Stephie Luaula, sage-femme indépendante et fondatrice de la première maison de naissance du Congo, la Maison périnatale Mwana Mboka, insiste sur le droit fondamental pour la femme d'accoucher en toute sécurité, dans la dignité et le respect de son corps.

« C'est une réalité brutale que nous devons dénoncer. Une douleur physique, lors d'une suture à vif, constitue un traumatisme qui peut être évité. On ne peut pas pratiquer des soins à vif sans soulager la douleur. C'est nier l'humanité d'une patiente. En 2026, heureusement, l'accès à l'analgésie est la base. C'est un droit fondamental. »

Quand le manque de médicaments révèle l'échec de l'Etat

La situation de Kinkole illustre le manque de médicaments et d'équipements adéquats dans les hôpitaux publics en RDC. Pour le médecin Armel Mayara, expert en santé publique et consultant pour l'organisation Sauvons la Corporation Médicale (SCM), cela témoigne de l'abandon de ces structures par l'État congolais.

« La conséquence d'une telle situation, c'est l'absence de qualité des soins. On ne peut pas parler de qualité des soins si la qualité structurelle et le processus ne sont pas garantis. Dans les établissements de l'État, sans amélioration structurelle et organisationnelle, il est impossible de garantir des soins de qualité », explique t-il.

Une maternité gratuite au prix des droits des patients

Certains analystes, comme Venance Kalenga, chercheur indépendant en droits humains, dénoncent une violation des droits des patients, qu'ils attribuent au programme de gratuité de la maternité, qui aurait favorisé un afflux de patients dans des structures non équipées.

« Il y a violation des droits humains de la part du gouvernement, qui devait prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir de bonnes conditions de travail aux médecins et assurer des soins de qualité aux patients, sans que le personnel médical ait à faire face à des manques de produits médicaux. »

Des organisations comme Sauvons la Corporation Médicale, appellent à une évaluation du programme de gratuité de la maternité.

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