Ile Maurice: Sans amour, sans économies, sans maison - Tout s'effondre pour Karin à 77 ans

Elle a tout investi à Maurice : son amour, sa maison, ses économies. Aujourd'hui, Karin M., une Allemande de 77 ans, risque de tout perdre. Depuis la mort de son compagnon mauricien, la famille de ce dernier refuse de lui restituer le bien qu'elle a entièrement financé. Son permis de séjour expire l'an prochain. Face à l'express, elle raconte son combat.

Tout commence en 1991, sur la côte est de l'île. Karin, artiste et conseillère fiscale, rencontre Horil J., un Mauricien. Coup de foudre immédiat. De cet amour naît un projet commun : construire une maison, avec galerie et atelier de peinture, entièrement conçue et financée par Karin. Les plans sont dessinés, les fonds transférés depuis l'Allemagne grâce à son propre travail. La construction démarre en 2012. Et en 2017, elle obtient son permis de séjour en tant que retraitée.

Mais le rêve vire au cauchemar. Dès les premières années, une partie des sommes envoyées n'aurait pas été affectée à la construction : elles auraient servi à financer les études des trois enfants de son compagnon. Lorsque la situation est mise au jour, des accords notariés et un testament sont établis, reconnaissant officiellement Karin comme propriétaire du bien.

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En 2023, son compagnon décède. La famille refuse alors de lui transférer la maison, lui proposant seulement un «lifelong right of residence». La demeure, inachevée, nécessiterait encore 150 000 euros (environ Rs 8,2 millions) de travaux. Depuis deux ans, Karin vit dans une chambre de 20 mètres carrés chez une voisine, ses tableaux et meubles entreposés dans un garde-meuble.

Son permis de séjour expire l'année prochaine. Sans preuve de propriété, son avenir sur l'île est incertain : «Tout mon argent est ici. Si je dois partir, je finirai dans une maison de retraite sociale. Je n'ai plus rien», confie-t-elle. Elle ne souhaite pas saisir la justice - la procédure est trop longue, trop coûteuse. «Je veux que les Mauriciens voient ce que certaines familles font à des gens comme moi.»

Trente-cinq ans après ce premier regard sur la côte est, le rêve d'une maison et d'un atelier se résume aujourd'hui à une chambre minuscule et une attente sans fin.

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