Au coeur de l'Afrique centrale, le bassin de l'Oubangui s'affirme désormais comme le pivot d'une transformation socio-économique profonde de la région. Sous l'impulsion du Groupe de la Banque africaine de développement, la République démocratique du Congo (RDC) déploie le Programme d'appui au développement des infrastructures et à la valorisation des ressources en eau transfrontalières (PREDIRE).
Cette initiative d'envergure, dont le volet centrafricain a déjà pris son envol en 2025, entre désormais dans sa phase active en RDC, marquant une étape décisive pour la stabilité et la prospérité partagée de la sous-région.
Depuis le 16 février 2026, date du lancement officiel du volet national du programme en RDC, le pays s'est résolument engagé dans une dynamique de transformation durable. L'ambition est double : renforcer la cohérence et l'intégration régionale tout en apportant des réponses concrètes aux défis domestiques les plus pressants.
L'intervention du projet en RDC repose ainsi sur une approche intégrée structurée autour du nexus Eau-Sécurité alimentaire-Climat, visant à transformer les ressources naturelles en leviers de croissance inclusive. Pour concrétiser cette ambition dans les provinces du Nord-Ubangui, du Sud-Ubangui et de la Mongala, le programme mobilise une enveloppe globale de 46,5 millions de dollars. Ce financement est soutenu par le Fonds africain de développement, guichet concessionnel du Groupe de la Banque, du Fonds de l'OPEC et la contrepartie du gouvernement. Il permet de déployer une action ciblée répondant aux enjeux environnementaux et socio-économiques majeurs desdites régions.
Sur le terrain, le projet va se décliner en actions concrètes pour briser le cycle de la fragilité. L'accent sera notamment mis sur la création d'infrastructures hydrauliques climato-résilientes, indispensables pour sécuriser le Programme national de transformation de l'agriculture. Parallèlement, la modernisation du système d'information sur l'Oubangui et l'amélioration de la navigation fluviale viseront à fluidifier les échanges commerciaux avec les voisins centrafricains et congolais, consolidant ainsi le rôle de la RDC comme carrefour de l'intégration régionale.
L'impact humain de cette intervention est au centre des priorités de la Banque. Sur les 2,4 millions de bénéficiaires directs attendus, la majorité est constituée de femmes et de jeunes, moteurs essentiels de l'économie locale. Au-delà de l'accès à l'eau potable, le programme prévoit la création de 3 400 emplois et un accompagnement spécifique à l'entrepreneuriat.
En collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, une attention particulière est portée à la résilience des populations les plus vulnérables. En effet le projet bénéficiera decrement à 25 000 personnes vivant dans des zones particulièrement vulnérables. Le projet prévoit aussi de renforcer les capacités de plus de 1 300 acteurs institutionnels et communautaires, afin de consolider la gouvernance durable des ressources en eau partagées, garantissant que le développement des infrastructures s'accompagne d'une cohésion sociale renforcée.
Sous la tutelle du ministère congolais du Développement rural et la coordination technique de la cellule du projet de renforcement des infrastructures socioéconomiques dans la région du Centre-phase II (PRISE), la RDC s'approprie les outils d'une gouvernance moderne des ressources hydriques.
« Le programme d'appui au développement des infrastructures et à la valorisation des ressources en eau transfrontalières n'est pas seulement un programme technique, mais une opportunité historique de stimuler l'économie rurale. À travers ses investissements structurants et son approche intégrée, il contribuera à transformer en profondeur les territoires ruraux et à renforcer leur résilience face aux défis climatiques et économiques », a souligné Deo Nsunzu, coordonnateur du projet.
En s'alignant sur les avancées réalisées en République centrafricaine depuis l'année dernière, la République démocratique du Congo confirme sa détermination à faire de l'Oubangui un trait d'union durable pour le développement de l'Afrique centrale.