Afrique: Hub logistique - Dakar veut capter le trafic vers le Mali et le Niger via la ZLECAf

Dakar — Le Sénégal ambitionne de renforcer sa position de hub logistique régional en captant une grande part du trafic de transit vers le Mali, le Burkina Faso et jusqu'au Niger en tirant profit de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), a-t-on appris du directeur général de la Société nationale Les Chemins de fer du Sénégal (SN-CFS).

"Le transport ferroviaire est jugé plus compétitif pour les distances supérieures à 400 ou 500 kilomètres [...], nous comptons donc beaucoup sur la compétitivité du transport ferroviaire, sur sa sécurité pour gagner ces parts de marché, sur le Mali, mais au-delà, sur le Burkina et même jusqu'au Niger", a indiqué Ibrahima Ba.

Il s'entretenait avec l'APS, en prélude de la célébration de la 66e édition de la fête nationale de l'indépendance du Sénégal, délocalisée samedi à Thiès.

Le Mali est un partenaire "essentiel, stratégique, historique" du Sénégal a-t-il rappelé, précisant que le trafic du transit vers ce pays représente plus de 95% du trafic du Port de Dakar.

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"Le Sénégal a une position géographique stratégique dans la sous-région. Nous sommes ouverts, nous sommes à mi-chemin des grandes métropoles du monde. C'est un atout géographique que nous avons qu'il faudra valoriser et c'est pour ça que nous estimons que développer le corridor à partir du port de Dakar vers ces pays [est important]", a soutenu M. Ba

Il estime que cette stratégie de connectivité doit être mise en oeuvre dans les meilleurs délais, dans le cadre de la ZLECAf, afin d'offrir un marché élargi aux opérateurs économiques sénégalais.

"Historiquement, Thiès demeure le noeud central de ce dispositif, abritant les principaux ateliers de fabrication et de maintenance du pays", a relevé le directeur général de la SN-CFS.

Selon Ibrahima Ba, le chemin de fer est l'unique levier capable de débloquer le potentiel économique des régions enclavées du Sénégal.

Pour l'industrie extractive, notamment les gisements de fer de Kédougou, le rail s'impose comme la seule alternative logistique économiquement viable sans détruire les infrastructures routières, a-t-il fait valoir.

Sur le plan agricole, l'infrastructure ferroviaire doit assurer l'équité territoriale en connectant les zones de production aux marchés, ajoute M. Ba.

Il a illustré ce besoin par le contraste entre la Casamance, où les mangues pourrissent faute de transport, et le Fouta qui en manque.

Un tel réseau vise également à soutenir le futur port de Ndayane en absorbant un trafic de plusieurs millions de tonnes de marchandises, selon Ibrahima Ba.

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