Sénégal: Modèle de développement du pays - Ousmane Sonko plaide pour une refondation culturelle et éducative

En marge de la cérémonie de clôture du neuvième anniversaire du Mouvement national des enseignants patriotes (MONEP), vendredi 3 avril, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré une déclaration dense et engagée, centrée sur la nécessité de repenser en profondeur le modèle de développement du Sénégal, en y intégrant pleinement la dimension culturelle et éducative.

Face à un parterre d'enseignants, il a affirmé avec force qu'« un pays ne se développe pas sans le substrat culturel », insistant sur le rôle fondamental de la culture comme socle de toute transformation durable. Selon lui, le développement ne saurait être uniquement économique ou financier : il doit s'ancrer dans les réalités socioculturelles des peuples.

Le chef du gouvernement a ainsi pointé ce qu'il considère comme une faiblesse majeure du système actuel : « un problème de modèle ». À ses yeux, le système éducatif sénégalais ne reflète ni « l'âme », ni « les convictions » du pays. Il a appelé à une remise en question structurelle afin d'aboutir à un modèle authentique, en phase avec les valeurs nationales.

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Évoquant la stratégie « Vision 2050 », il a reconnu les avancées en matière de planification économique et de politiques publiques, tout en soulignant l'absence d'un pilier essentiel : la dimension socioculturelle. « C'est là qu'il faut attaquer maintenant », a-t-il martelé, appelant à une réforme en profondeur qui intégrerait notamment les langues nationales dans le système éducatif.

Sur cette question, Ousmane Sonko a dénoncé le poids excessif des langues étrangères dans l'apprentissage, estimant qu'elles constituent un frein au développement intellectuel des jeunes Africains. Citant une étude, il a indiqué que ces derniers perdraient entre cinq et huit années à maîtriser une langue étrangère, un retard qu'il compare au gain de temps des élèves asiatiques instruits dans leur langue maternelle. « L'Afrique est le seul continent qui est alphabétisé en langue étrangère », a-t-il regretté.

Au-delà de la langue, le Premier ministre a également insisté sur l'orientation du système éducatif, appelant à former davantage de scientifiques et de techniciens. « On ne peut pas construire un développement sur de la littérature seulement », a-t-il averti, soulignant le déséquilibre actuel dans les filières de formation.

Concernant les conditions d'apprentissage, il a reconnu les nombreuses insuffisances, notamment en infrastructures, en équipements et en conditions de vie des enseignants et des élèves. Toutefois, il s'est voulu rassurant, promettant une amélioration progressive et méthodique, loin des politiques passées qu'il qualifie de « trompe-l'oeil ».

Enfin, Ousmane Sonko a tenu à adresser un message fort au corps enseignant, les assurant de son soutien indéfectible : « Les enseignants du Sénégal ne peuvent pas avoir de meilleurs alliés que nous », a-t-il déclaré, réaffirmant l'engagement du gouvernement à faire de l'éducation un levier central du développement national.

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