Cameroun: Révision constitutionnelle - Le Parlement approuve la création du poste de vice-président

Théodore Datouo, Président de l'Assemblée nationale du Cameroun

Au Cameroun, le projet de loi modifiant certaines dispositions de la Constitution a été adopté par le Parlement, ce samedi 4 avril 2026. L'Assemblée nationale et le Sénat, réunis en Congrès, se sont prononcés en faveur de l'instauration d'un poste de vice-président doté d'un rôle clé dans la succession présidentielle, malgré les observations de l'opposition.

Les parlementaires avaient le choix entre des bulletins vert, pour le « oui », rouge pour le « non » et jaune pour « nul ». Après moins de 30 minutes de vote, les 222 votants ont adopté la révision constitutionnelle à 201 voix pour, 18 voix contre et seulement 3 bulletins nuls.

Mais avant le vote, les débats parlementaires sur la création d'un poste de vice-président ont eu lieu dans un palais de verre clairsemé. L'honorable Ze Nguele, doyen d'âge du Sénat, a rappelé que la fonction de vice-président doit être clairement définie : « On ne peut pas rendre cette fonction corvéable à merci si elle est appelée à diriger les Camerounais. »

Une position assez similaire à celle défendue par l'opposition devant le Congrès. « Nous assistons ici à la clôture définitive de l'espace démocratique, avec l'introduction d'un poste de vice-président sur mesure », a déclaré la députée du PCRN, Ngo Issi, devant le Congrès.

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Jean Michel Nintcheu, député de l'opposition, a invité les parlementaires qui soutiennent « e renforcement de la dérive monarchique » à exprimer leur désaccord ici et maintenant. « On ne peut pas invoquer la discipline du parti pour voter cette forfaiture », a-t-il insisté.

Mais pour le député du RDPC, Roger Nkodo Ndang, ce texte répond à deux critères importants, à savoir la conformité avec la Constitution et avec les Conventions de l'Union africaine.

De son côté, Laurent Esso, ministre de la Justice - qui a défendu le texte devant la commission spéciale -, a rappelé devant le Congrès que le président est conscient de sa responsabilité devant l'histoire. Cette responsabilité est « fonctionnelle », a-t-il indiqué, avant de rappeler que « les problèmes soulevés peuvent être débattus plus tard et faire l'objet d'une proposition de loi ».

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