Mali: Le Jnim assassine un responsable d'une organisation de jeunes dans la région de Tombouctou

Au Mali, Amadou Baby, l'un des responsables de l'organisation des jeunes de la commune de Tonka, dans la région de Tombouctou, a été assassiné par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim). L'exécution s'est passée en pleine rue, le vendredi 27 mars au soir, et suscite depuis colère et indignation. Cette localité avait déjà été endeuillée il y a quelques mois par l'assassinat de la jeune TikTokeuse Mariam Cissé.

Amadou Baby, surnommé « Marco », était un jeune agriculteur, connu pour son engagement au sein de l'organisation des jeunes de Tonka, avec laquelle il oeuvrait pour le développement de sa commune.

Vendredi soir, vers 20 h, six hommes armés embarqués sur trois motos surgissent devant sa boutique et l'exécutent froidement. Selon plusieurs notabilités et cadres de la société civile locale, les jihadistes du Jnim accusent l'organisation des jeunes de Tonka de collaborer avec l'armée et d'être à l'origine de certaines arrestations.

Évasion de la prison de Tombouctou

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Début mars, plusieurs dizaines de détenus, dont des jihadistes, sont parvenus à s'évader de la prison de Tombouctou. Se sachant menacés, certains membres de l'organisation des jeunes de Tonka, notamment son président, ont récemment fui la localité.

Amadou Baby, l'un des adjoints du président, était quant à lui resté à Tonka, où les jihadistes sont donc venus l'assassiner.

Une TikTokeuse exécutée en place publique

Tristesse, colère, indignation : les réactions sont nombreuses, dans son entourage et sur les réseaux sociaux, pour dénoncer un acte « ignoble » et « lâche ».

En novembre dernier, Tonka avait déjà été endeuillée par l'assassinat de Mariam Cissé, jeune TikTokeuse exécutée en place publique par le Jnim qui lui reprochait également son soutien à l'armée. Un soutien qu'elle affichait fièrement et courageusement sur les réseaux sociaux. Cet assassinat avait suscité une vague d'indignation et un élan de patriotisme dans tout le pays.

Les autorités - locales ou nationales - n'ont pas communiqué sur le sujet et, sollicitées par RFI, ni l'armée ni le gouvernorat de Tombouctou n'ont donné suite.

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