Ile Maurice: Coup d'envoi d'un projet de drainage pour contrer les inondations

Une cérémonie officielle s'est tenue le mercredi 1eᣴ avril 2026 à NHDC Les Jasmins (Phase 1), à Curepipe, pour marquer le lancement d'un projet de construction de drains visant à améliorer le système de drainage dans la région. Le ministre des Infrastructures publiques, Ajay Gunness, était présent à cet événement.

Ce projet d'envergure prévoit la construction de drains sur une longueur d'environ 1,6 kilomètre. Les travaux ont été confiés à Gamma Civic Ltd et devraient s'étendre sur une période d'un an, avec une livraison attendue en avril 2027. Le coût total du projet est estimé à environ Rs 138 millions. Le ministre a également indiqué que la deuxième phase du projet est déjà en préparation.

Dans son intervention, Ajay Gunness a rappelé que Curepipe est une région particulièrement exposée aux risques d'inondation. «Il y a une forte accumulation d'eau dans certaines zones, d'où la nécessité de renforcer les infrastructures de drainage», a-t-il souligné. Cette première phase vise ainsi à améliorer de manière significative le réseau existant afin de réduire les risques d'inondations qui affectent régulièrement les habitants.

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Plusieurs zones ont été identifiées comme particulièrement vulnérables, notamment le terrain de football d'Eau Coulée, l'Arya Samaj de Dubreuil et le morcellement Domah, où des familles ont été durement touchées lors des fortes pluies.

Le ministre a également lancé un appel à la responsabilité citoyenne, exhortant la population à ne pas jeter de déchets dans les drains. Il a indiqué que le nettoyage de ces infrastructures représente un coût d'environ Rs 300 millions. Par ailleurs, il a invité les automobilistes à faire preuve de patience face aux perturbations de la circulation qui pourraient survenir durant les travaux.

De son côté, le chef de projet, Vivek Mattadeen, a précisé que l'objectif est de capter les eaux excédentaires et de les rediriger vers les rivières. Il a rappelé que la région de Forest Side a, par le passé, été régulièrement sujette à des inondations lors de fortes pluies. Ce projet vise ainsi à corriger ces failles structurelles en mettant en place un réseau de drainage plus efficace et durable.

Bobby Hurreeram : «Les seuls projets qui avancent sont les nôtres»

Alors que le gouvernement annonce le lancement des travaux de drainage à Curepipe, l'ex-ministre des Infrastructures publiques, Bobby Hurreeram, dresse un bilan acéré de l'action gouvernementale.

Quelle est votre évaluation des principaux projets d'infrastructure réalisés au cours des 18 derniers mois ?

Je ne peux porter de jugement sur ce qui a été fait durant les 18 derniers mois pour la simple raison qu'absolument rien n'a été réalisé depuis l'installation de ce nouveau gouvernement. Je demanderais à vos lecteurs d'essayer de penser à un seul projet, qu'il soit national ou régional, entrepris par l'actuel gouvernement. Ceux qui sont aujourd'hui à la tête du pays se sont surtout illustrés en inaugurant des projets réalisés sous le leadership de Pravind Kumar Jugnauth.

Je pense notamment à l'échangeur de La Vigie, qui donne accès à la nouvelle route menant à Flic-en-Flac, à l'autopont de Wootun, au nouvel hôpital spécialisé dans les maladies oculaires au Réduit Triangle ou encore au complexe sportif de Triolet, baptisé Sir Seewoosagur Ramgoolam par Navin Ramgoolam. Cela caractérise bien l'action de ce gouvernement : tenter de s'approprier des réalisations qui ne lui appartiennent pas.

Ces projets reflètent-ils, selon vous, une continuité de votre vision en tant que ministre des Infrastructures publiques, ou observez-vous un changement de cap ?

Vous parlez de continuité, moi je vous dis que tout est à l'arrêt. Les principales entreprises engagées dans la construction ou l'approvisionnement en matériaux vous le confirmeront. Pendant la pandémie, le secteur de la construction enregistrait une croissance négative de -9 %. En trois ans post-pandémie, nous avons atteint un taux de croissance de 28 %. Aujourd'hui, les seuls projets qui avancent sont ceux déjà lancés par le précédent gouvernement.

Y a-t-il des projets que vous avez initiés et qui ont été, selon vous, efficacement poursuivis, ou au contraire négligés ?

Ce gouvernement a surtout mis en veille les projets en cours dès son arrivée au pouvoir. La tactique est simple : apposer l'étiquette de l'Alliance du Changement sur des chantiers auxquels il n'a pas contribué.

Prenez l'exemple des logements sociaux : bientôt, des familles pourront enfin accéder à un toit qu'elles attendent depuis longtemps. Mais ce gouvernement a été sourd à leur détresse pour des raisons politiques. On a tenté de faire croire que les projets du précédent gouvernement comportaient des défauts inexistants, et que des solutions ont été trouvées par l'actuel gouvernement. Qui peut croire cela, alors que les plans sont restés identiques et que ce sont les mêmes officiers qui supervisent les travaux ?

Comment évaluez-vous la gestion actuelle des grands travaux publics, notamment en termes de délais, de qualité et de transparence ?

Encore une fois, rien n'avance. Prenons la gestion des effets du changement climatique : en un an, aucun drain n'a été construit par ce gouvernement. À l'heure actuelle, plus de 300 régions de l'île présentent des risques d'inondation en cas de fortes pluies. Nous avions, pour notre part, construit plus de 600 drains en trois ans.

Quelles sont, selon vous, les priorités infrastructurelles les plus urgentes à Maurice aujourd'hui ?

Le gouvernement de Pravind Jugnauth avait engagé le pays sur la voie de la modernité, comme en témoignent les projets réalisés sous notre mandat. Malheureusement, l'actuel gouvernement adopte une approche différente.

Aujourd'hui, compte tenu de la situation internationale, la priorité est de garantir que la population ne manque de rien et qu'elle préserve ses acquis. Cela nécessite une préparation rigoureuse et un véritable leadership, comme nous l'avons démontré pendant la pandémie.

À travers le monde, les chefs d'État et de gouvernement multiplient les réunions de crise pour anticiper les défis. Chez nous, un mois après le début du conflit en Iran, le Premier ministre n'a pas présidé la moindre réunion de ce type. Cela en dit long.

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