Togo: La gestion des conteneurs vides, un défi logistique

6 Avril 2026

Dans le monde du transport maritime, il existe un paradoxe bien connu : pendant que certains ports croulent sous les conteneurs vides, d'autres en manquent cruellement pour répondre à la demande des exportateurs.

Le Port Autonome de Lomé (PAL), premier port à conteneurs d'Afrique subsaharienne et 92e mondial, n'échappe pas à cette réalité, et en a fait un axe de sa performance logistique.

Le problème est structurel et mondial. Après la livraison des marchandises, les conteneurs se retrouvent vides dans des zones où la demande d'exportation est insuffisante pour les remplir à nouveau. La cause : une répartition profondément inégale des flux commerciaux entre les régions du monde. Les pays qui importent massivement plus qu'ils n'exportent, c'est le cas de nombreux États d'Afrique de l'Ouest, accumulent des conteneurs vides dans leurs ports, pendant que les zones fortement exportatrices en manquent.

Pour corriger ce déséquilibre, les armateurs doivent organiser le repositionnement des conteneurs vides, leur transfert vers les zones déficitaires afin d'assurer la continuité des échanges commerciaux.

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Ce repositionnement représente entre 15% et 25% des coûts logistiques des compagnies maritimes, une charge considérable qui pèse directement sur la compétitivité des chaînes d'approvisionnement mondiales.

Les solutions : Street Turn et leasing

Face à ce défi, deux approches complémentaires sont déployées au Port de Lomé.

Le Street Turn (ou Interchange) est la solution la plus directe et la plus économique : plutôt que de rapatrier un conteneur vide au port, il est livré directement à un exportateur local situé à proximité du lieu de déchargement. Le résultat : un trajet évité, un coût réduit, une empreinte carbone allégée.

Le leasing de conteneurs offre quant à lui une flexibilité opérationnelle précieuse. Plutôt que de posséder et gérer un parc immobilisé, les compagnies maritimes louent des boîtes auprès de sociétés spécialisées, qui assurent ensuite leur redistribution vers les zones à forte demande. Une approche «asset-light» qui optimise l'utilisation des équipements à l'échelle mondiale.

Au PAL, la gestion des conteneurs vides dépasse largement le simple stockage. Elle s'articule autour d'un processus complet et rigoureux : inspection systématique de l'état de chaque conteneur à son retour, réparation si nécessaire selon les standards internationaux, et remise en condition pour une nouvelle utilisation -- garantissant ainsi un parc opérationnel conforme aux exigences des armateurs et des chargeurs.

Au-delà des opérations physiques, le Port de Lomé s'appuie sur des systèmes d'information et de planification avancés pour suivre en temps réel les mouvements des équipements, anticiper les pics de demande et optimiser les itinéraires de repositionnement. Une digitalisation de la gestion logistique qui s'inscrit pleinement dans l'ambition du PAL de devenir une référence en matière de performance portuaire en Afrique.

«La gestion des conteneurs vides implique une coordination étroite entre tous les acteurs de la chaîne logistique. C'est devenu un élément stratégique pour la performance du transport maritime et pour la fluidité du commerce international», souligne l'administration portuaire de Lomé.

Pour un port qui ambitionne d'atteindre 2,7 millions d'EVP d'ici 2027 et qui sert de corridor logistique vital pour les pays enclavés du Sahel, maîtriser la gestion des conteneurs vides n'est pas un détail opérationnel. C'est une condition de la compétitivité, et un marqueur de l'excellence que le Port de Lomé entend incarner sur la scène portuaire mondiale.

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