Ile Maurice: Donner accès à l'art contemporain mondial

Derrière le local vitré, au premier étage du Caudan Arts Centre : le haut du pavé. Un nom qui claque : celui du sculpteur américain Jeff Koons. Au beau milieu de la galerie Adamah, à Port-Louis, son Balloon Dog (Blue) capte la lumière. C'est par un vendredi 13 que la galerie Adamah Fine Arts a choisi d'ouvrir ses portes au Caudan. C'était le mois dernier.

Adamah Fine Arts, jusque-là, était synonyme de galeries dans des hôtels 5 étoiles. Dix galeries au total : du Royal Palm à Anahita, en passant par des établissements du groupe LUX, entre autres. L'adresse du Caudan est la 11e galerie du réseau Adamah Fine Arts. S'installer au Caudan est un «choix stratégique», explique Nicolas Lazarre, directeur général d'Adamah Fine Arts.

  • Art et architecture avec Kamila Hurnaum.

C'est s'intégrer dans un écosystème où figurent deux établissements hôteliers, dont un 5 étoiles. «C'est notre expertise dans l'hôtellerie que nous apportons, pour proposer à l'avenir un environnement hospitality, des rencontres autour de l'art.»

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S'implanter au Caudan, c'est aussi avoir pour voisins des bureaux, des «corporates», et se positionner sur le passage des touristes qui descendent des bateaux de croisière.

  • Skizofan a intégré le portfolio d'Adamah Fine Arts

Cela s'inscrit dans une volonté «d'ouvrir l'accès à l'art contemporain international». Depuis son ouverture à Port-Louis, la galerie - qui, avec ses 110 mètres carrés, est la plus grande du réseau Adamah - a vu passer des étudiants en art ainsi que des artistes.

«Notre vision s'aligne totalement avec ce que le Caudan veut faire. Nous voulons apporter notre petite contribution au développement de l'art et de la culture.»

  • Un nu de Gael Froget.

Une exposition d'ouverture s'est tenue du 14 au 27 mars dernier. La sélection d'oeuvres a «exploré différentes approches de la création contemporaine, du pop art aux langages abstraits et urbains», proposant un «dialogue des artistes internationaux reconnus avec la scène artistique mauricienne. Cette rencontre entre différentes scènes artistiques reflète la volonté d'Adamah de créer des passerelles entre territoires, cultures et sensibilités contemporaines».

Ce salon avait l'ambition de «constituer l'un des rendez-vous majeurs de l'art contemporain à Maurice en 2026, en réunissant plus de 100 oeuvres».

Par la suite, des soirées mensuelles réunissant collectionneurs et amateurs d'art se tiendront régulièrement. Le calendrier reste à finaliser, indique Nicolas Lazarre.

«Le Caudan Arts Centre veut proposer toute une expérience au visiteur : aller voir un spectacle, se restaurer. Nous voulons participer à ce mouvement.»

Oeuvres à partir de Rs 40 000

Pour une galerie comme Adamah Fine Arts, dans quelle fourchette se situent les prix des oeuvres ? Nicolas Lazarre indique qu'il y a «des oeuvres qui commencent à partir de Rs 40 000 et qui montent». Le renouvellement des collections devrait se faire «tous les deux mois, pour qu'il y ait de la fraîcheur et de la nouveauté. Après, ce sera décidé en fonction de ce qui se vend».

Résultat de l'exposition qui s'est achevée le 27 mars dernier : des oeuvres des artistes français Kiko et Peppone, par exemple, ont trouvé preneur. «On est très contents parce qu'on a aussi vendu deux oeuvres d'artistes mauriciens, en plus des artistes internationaux».

Portfolio : Cinq artistes locaux représentés

Il n'y avait qu'un artiste mauricien qui figurait dans le portfolio des galeries Adamah : Patrick Ricco. Avec l'ouverture de la galerie au Caudan, quatre autres l'ont rejoint, portant le nombre d'artistes locaux sur cette plateforme à cinq. Il s'agit de Gaël Froget - qui était représenté par la galerie 3A -, de Kamila Hurnaum, de Laëtitia Mc Veay et de Skizofan. Lors de la récente exposition d'art contemporain d'Adamah, c'est une quarantaine d'oeuvres d'artistes locaux qui ont été montrées.

Le choix des artistes découle du partenariat entre Adamah et Bel Air Fine Arts, un réseau de galeries d'art contemporain avec pignon sur rue à Saint-Tropez, Venise, Saint-Moritz, mais aussi à Miami. Suite à l'exposition du mois dernier, Nicolas Lazarre indique que la galerie a reçu «une quarantaine de dossiers d'artistes. Non seulement de Maurice, mais aussi de l'océan Indien. Cela a été un déclencheur. Des jeunes artistes sont venus nous visiter. Ils sont repartis en disant que l'exposition leur a donné envie de se remettre à l'art parce qu'ils avaient arrêté. Cela me touche beaucoup.»

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