Le renforcement de la souveraineté alimentaire sénégalaise franchit une nouvelle étape concrète avec la signature d'un accord opérationnel de 400 millions de francs CFA entre l'agence belge de développement, Enabel, et l'Agence de Régulation des marchés (ARM).
Cet engagement financier signé le vendredi 3 avril 2026 lors de la présentation du Plan stratégique de développement de l'ARM s'inscrit dans la vision de la coopération belge au Sénégal, laquelle s'aligne systématiquement sur les priorités définies par l'État sénégalais. Selon Ronan Le Marec, Project Manager à Enabel, l'approche de l'institution repose sur une double articulation précise. « Notre stratégie se compose de deux axes : un ancrage national, avec l'appui aux réformes et à l'amélioration de l'environnement des affaires, puis un ancrage régional qui constitue, pour la coopération belge, le coeur de notre action dans le Sine-Saloum », explique-t-il.
Cet accord opérationnel illustre la volonté de traduire les orientations stratégiques en activités concrètes sur le terrain, de la production à la commercialisation en passant par la transformation. Pour Ronan Le Marec, la gestion des fonds répond à une logique d'efficience économique majeure. « Nous investissons de l'argent public de la Belgique et de l'Union européenne, et chaque euro investi doit permettre de créer un effet de levier pour faire venir l'investissement privé », souligne le responsable d'Enabel. Dans cette optique, l'appui à l'élaboration et à la mise en oeuvre du Plan Stratégique de Développement (PSD) doit permettre à l'ARM de déployer ses ambitions de manière autonome et durable.
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Parmi les priorités de cette collaboration, la modernisation du système d'information de l'ARM occupe une place centrale pour rassurer les acteurs économiques. Le Project Manager précise à ce sujet que si ce système est aujourd'hui utile pour les décideurs publics, l'objectif est désormais « que ce système d'information soit aussi utile pour le secteur privé afin qu'il soit en confiance pour investir dans les filières ». Cette transparence des données est perçue comme le chaînon manquant pour sécuriser les relations d'affaires et stabiliser les marchés.
Sur le plan opérationnel, les actions engagées portent déjà leurs fruits, notamment à travers l'exemple probant de la filière maïs. Après un protocole de commercialisation basé sur 1 500 tonnes en 2024, les partenaires visent désormais un bond spectaculaire. « Nous avons aujourd'hui un objectif pour l'année 2026 de 25 000 tonnes, ce qui représente un objectif de chiffre d'affaires de près de 5 milliards de francs CFA sur la filière », annonce Ronan Le Marec. En investissant massivement auprès de l'ARM, Enabel s'assure que ces efforts se répercutent directement sur les relations entre les producteurs et les industriels, consolidant ainsi les fondations d'une agriculture sénégalaise résiliente et compétitive.