Soudan: L'ONU intensifie ses efforts diplomatiques sur fond de crise humanitaire qui s'aggrave

Soudan : l’ONU intensifie ses efforts diplomatiques sur fond de crise humanitaire qui s’aggrave
6 Avril 2026

Des signes d'ouverture émergent dans les efforts diplomatiques visant à désamorcer le conflit au Soudan, a indiqué lundi le porte-parole de l'ONU.

À Nairobi, l'Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Soudan, Pekka Haavisto, a rencontré le chef des Forces de soutien rapide, le général Mohamed Hamdan Hemedti, après des échanges récents à Khartoum avec le général Abdel Fattah Al-Burhan.

« Ces consultations ont constitué une occasion constructive d'échanger des points de vue et d'explorer des pistes concrètes de désescalade et de protection des civils. Toutes les parties prenantes ont exprimé leur volonté de coopérer avec les Nations Unies et l'Envoyé personnel », a déclaré lundi le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Ces consultations font suite à celles tenues par l'Envoyé au cours du week-end au Caire, où l'Envoyé a rencontré des responsables égyptiens, des représentants de la Ligue des États arabes ainsi que des membres de la diaspora soudanaise.

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Si ce signal est jugé encourageant, l'Organisation souligne la nécessité de résultats rapides : cette dynamique « doit se traduire rapidement par des progrès concrets pour mettre fin aux souffrances de tous les Soudanais, une fois pour toutes ».

Reprise progressive des opérations humanitaires

Sur le terrain, les Nations Unies renforcent leur présence à Khartoum. La Coordonnatrice résidente et humanitaire, Denise Brown, doit y retourner avec une équipe de base pour relancer et étendre les opérations, tandis que plusieurs agences ont rouvert des bureaux fermés depuis le début de la guerre il y a près de trois ans.

Ce redéploiement intervient à un moment critique : plus de 1,6 million de personnes sont revenues dans la capitale ces derniers mois, malgré les risques liés aux restes explosifs de guerre et aux infrastructures gravement endommagées.

L'ONU réitère son appel à « la protection des civils et des infrastructures civiles, y compris les établissements de santé », ainsi qu'à « une cessation immédiate des hostilités » et à un accès humanitaire « rapide, sûr, sans entrave et durable ».

Attaques de drones contre des hôpitaux

Avec plus de 33,7 millions de personnes ayant besoin d'une aide vitale, le pays fait face à « l'une des crises humanitaires et sanitaires les plus graves au monde aujourd'hui ».

Les attaques contre les structures de santé aggravent encore la situation. Dans l'État du Nil Blanc, une attaque de drone contre l'hôpital universitaire d'Al Jabalayn, jeudi dernier, a tué 10 membres du personnel médical et administratif et blessé 22 autres, perturbant gravement les services.

Quelques jours plus tôt, une frappe de drone contre l'hôpital universitaire d'Al-Daein, au Darfour-Est, avait fait au moins 64 morts, dont des patients et des soignants, et 89 blessés. D'autres incidents, notamment des pillages d'hôpitaux et des violences contre le personnel de santé, ont également été signalés.

« Le personnel médical et les installations doivent être protégés, comme l'exige le droit international humanitaire », rappellent les Nations Unies.

Depuis le début du conflit, l'Organisation mondiale de la Santé a vérifié plus de 200 attaques contre des services de santé, ayant causé plus de 2.000 morts.

Un financement largement insuffisant

Face à l'ampleur des besoins, l'ONU lance un appel urgent à la mobilisation internationale.

Le Plan de réponse humanitaire 2026, qui nécessite 2,9 milliards de dollars pour venir en aide à plus de 20 millions de personnes, n'est financé qu'à 16 %, avec seulement 465 millions de dollars disponibles.

Dans ce contexte, l'ONU insiste : le Soudan « ne peut pas faire face à cette crise seul » et appelle à une action politique et humanitaire décisive.

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