Hôpital universitaire de Francistown au Botswana - Des soins prodigués dans un environnement de bienveillance

7 Avril 2026
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African Development Bank (Abidjan)

Le soleil de l'après-midi darde ses rayons sur un capot à moitié ouvert. Harry Gulubane est accroupi près d'une voiture, dans son jardin. Clé en main, il s'adonne tranquillement à l'une de ses activités préférées : la réparation de voitures. Le vent de Francistown, au Botswana, se mêle aux odeurs d'huile et à la poussière. Redonner vie aux objets endommagés lui procure une immense satisfaction.

Cependant, il y a deux ans, la propre vie de ce professeur d'anglais a eu besoin d'être réparée.

Les vacances en famille sont une tradition pour Harry, sa femme et leurs deux filles. En décembre 2023, ils partent en voyage, d'abord à Gaborone, la capitale du pays, pour rendre visite à leur famille élargie, puis à Windhoek, en Namibie, avant de rentrer chez eux à Francistown, dans l'est du Botswana. La famille est prise dans un tragique accident de la route qui coûte la vie à l'une des filles d'Harry et le laisse avec des blessures si graves qu'il peut à peine se tenir debout. Sa femme et son autre fille s'en tirent avec des blessures légères.

« J'ai eu une fracture du coude, une luxation de l'épaule gauche et une lésion de la colonne vertébrale », se souvient Harry, la voix emplie de peine mais aussi de gratitude pour le chemin parcouru depuis lors. Pendant des semaines, son quotidien est fait de douleur et d'incertitude. Il ne peut même pas assister aux funérailles de sa fille ni accomplir seul les tâches les plus élémentaires.

« Entre le jour de l'accident et celui de l'intervention chirurgicale, j'étais quasiment immobile. Mais le docteur Thabo Rowland, neurochirurgien professionnel à l'hôpital universitaire de Francistown (FAH), a été chargé de l'opération, et le docteur David Mhembelo, chirurgien orthopédique et traumatologue, s'est occupé de ma blessure au coude », raconte Harry.

Pas à pas, un étirement après l'autre, la physiothérapie à FAH permet au corps de Harry de se réapproprier ce qu'il a perdu.

« Je répare des voitures depuis que je suis jeune. Lorsqu'il s'agit de voitures, je suis votre homme »

L'hôpital universitaire de Francistown, qui est devenu un centre d'excellence médicale dans la région, se situe à la périphérie est de la ville, à quelques kilomètres du centre bouillonnant.

À l'intérieur, le FAH est une ruche en pleine activité, avec un personnel dont le sens de la compassion n'a d'égal que le niveau de compétence et de formation. L'hôpital propose 18 spécialités et mène des actions de proximité auprès de la population.

« Jusqu'à présent, nous avons couvert 30 villes et villages grâce à notre programme de proximité, explique le docteur Sant Parkash Singh, le fondateur du FAH. Les membres de la communauté savent qu'ils peuvent venir au FAH pour tous types de traitements, car nous regroupons plusieurs spécialités. »

Une vision plus globale des soins

Derrière le travail vital effectué par l'hôpital se déroule une histoire d'investissement et de vision. L'hôpital universitaire de Francistown s'est récemment transformé grâce à la Botswana Development Corporation (BDC) et au soutien du Groupe de la Banque africaine de développement. Ce dernier a fourni un financement de plus d'un million de dollars dans le cadre d'une ligne de crédit de 80 millions de dollars pour 14 projets de développement.

Kudzane Pickup, chargé en chef des investissements à la BDC, souligne que « les fonds ont permis non seulement d'agrandir les services et d'acheter de nouveaux équipements, mais aussi de créer des emplois de professionnels de santé ainsi que de personnels de soutien local, d'ouvriers du bâtiment et de fournisseurs ». Au total, 185 emplois ont été créés en juillet 2025.

De fait, l'hôpital est devenu un pilier de la ville et de la communauté, comme en témoigne l'expérience d'une autre patiente, Mathodi Modisapudi, âgée de 52 ans.

Mme Modisapudi est membre du Conseil d'administration du Tati Land Board à Masunga, à 120 kilomètres du village de Tati Siding où elle vit avec sa famille. Le 20 novembre 2024, alors en mission sur le terrain, elle sent un liquide chaud couler le long de ses jambes. Elle demande alors au chauffeur du personnel de l'emmener à l'hôpital le plus proche, loin de se douter que ce serait le début d'une série de visites médicales épuisantes. « J'ai obtenu un congé-maladie de cinq jours après la visite à l'hôpital de Masunga. Quelques jours plus tard, mes menstruations ont commencé pour ne plus s'arrêter », raconte-t-elle. Elle fait un frottis cervical en février 2025, et même si les résultats sont négatifs sur le cancer, les saignements ne cessent pas et la rendent rapidement trop faible pour continuer à travailler. Le 10 avril suivant, Mme Modisapudi fait un malaise et est transportée d'urgence à l'hôpital de Nyangabwe, où elle reste huit jours. Il s'avère qu'elle a l'un des plus gros fibromes jamais enregistrés, pesant 1,8 kilo. Seule solution : une intervention chirurgicale coûteuse.

Lors d'une consultation à Gaborone, elle est alors orientée vers le docteur Elie Ndala, gynécologue et obstétricien à l'hôpital de Francistown. Grâce au soutien de ses amis et de sa famille, elle réunit 38 000 pulas (2 850 dollars) pour financer son opération. Une somme neanmoins insuffisante. « Le coût de l'opération s'élevait à 54 000 pulas (4 045 dollars), se souvient-elle. J'avais peur de ne pas en avoir les moyens. ».

Mathodi Modisapudi et le docteur Elie Ndala lors d'une consultation à l'hôpital universitaire de Francistown L'hôpital n'a pas refusé de la soigner.

« Ils m'ont non seulement établi un échéancier de paiement pour que je puisse régler tranquillement le solde une fois rétablie, mais ils m'ont également accordé une remise. Cela a tout changé pour moi. Je ne saurais décrire toute la bienveillance et les soins que m'ont prodigués les membres du personnel de l'hôpital de Francistown. Je suis guérie, je suis heureuse et je peux travailler à nouveau », se réjouit-elle.

L'histoire de ces deux patients témoignent non seulement de leur résilience personnelle, mais aussi de la différence que peuvent faire des systèmes de santé accessibles et bien équipés lorsqu'ils sont conçus pour soigner les malades avant tout. Derrière chaque guérison, il y a un écosystème de professionnels qualifiés, d'installations fonctionnelles et d'investissements soutenus.

Ces expériences illustrent l'impact tangible des financements du Groupe de la Banque africaine de développement sur l'amélioration de la qualité de vie des populations en Afrique.

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