Les 32e commémorations du génocide perpétré contre les Tutsis ont débuté mardi 7 avril au Rwanda. Kwibuka, « se souvenir » en kinyarwanda, une période de recueillement de 100 jours pour honorer la mémoire des plus de 800 000 victimes tuées pendant les massacres du génocide, 32 ans plus tôt, en 1994. À Kigali, les commémorations ont démarré le mardi 7 avril au matin au mémorial national de Gisozi, avant la grande marche annuelle du souvenir.
Avec le tee-shirt noir du Kwibuka, Charles Nizeyimana, étudiant, rejoint plusieurs centaines de participants à la marche du souvenir. « Je suis ici pour marcher pour la mémoire de nos parents, de nos amis, de nos enseignants, qui sont tous dans nos coeurs. On ne peut jamais oublier. »
« Jamais oublier, plus jamais ça », c'est aussi le mot partagé par Kamanzi, 28 ans, sur le panneau d'écriture destiné aux messages des participants avant le début de la marche. « On dit qu'il faut se souvenir, s'unir, revivre, mais il ne faut pas oublier de ne pas laisser le passé se reproduire. Je dois protéger mon histoire, je dois protéger la mémoire de ceux qui sont morts. Je dois me battre jusqu'à ce que le Rwanda ne soit plus jamais confronté à cela. »
Marche en silence
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Le départ est lancé : les participants marchent en silence vers le stade BK Arena. Pour Kamanzi, né après le génocide, le rendez-vous est l'un des plus importants des commémorations chaque année : « C'est un événement pour parler des vies passées, de celles de nos parents, de nos frères et soeurs qui étaient là au moment du génocide. Beaucoup sont morts et ceux qui sont restés nous éduquent sur ce qui s'est passé, et nous aussi éduquer ceux qui viendront plus tard. »
La marche se termine par la veillée organisée dans l'Arena, à la lumière des bougies allumées par des milliers de participants en l'honneur des disparus du génocide.
