Le Comité national multisectoriel pour l'élimination du paludisme (CONAMEP) a tenu sa réunion semestrielle, vendredi 3 avril 2026 à Ouagadougou.
Le Burkina Faso veut franchir un nouveau cap dans la lutte contre le paludisme. Dans ce cadre, le Comité national multisectoriel pour l'élimination du paludisme (CONAMEP) a tenu sa réunion semestrielle, le vendredi 3 avril 2026 à Ouaga-dougou. L'objectif visé est d'évaluer les progrès enre-gistrés et valider le plan stratégique 2026-2030 pour venir à bout de cette maladie.
Le ministre de la Santé, Robert Kargougou, qui a présidé la rencontre a rappelé que le paludisme demeure « l'un des défis majeurs de santé publique » au Burkina Faso. Malgré des avancées notables, a-t-il relevé, la maladie continue d'affecter les populations, avec des conséquences sur l'économie et le développement. « Elle prive nos enfants d'avenir, nos familles de stabilité et nos communautés de vitalité », a-t-il déploré. Face à cette situation, le gouvernement a opté pour une approche multisectorielle. Selon le ministre, l'élimination du paludisme ne peut être l'apanage du seul secteur de la santé.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Elle requiert l'implication concertée de plusieurs acteurs dont l'administration territoriale, l'éducation, l'environnement, la recherche, le secteur privé et les communautés. « Cette approche traduit notre conviction profonde que seule une action coordonnée permettra d'atteindre les résultats escomptés », a-t-il souligné. De son avis, cette réunion intervient après un travail technique approfondi mené par plusieurs groupes spécialisés. A cet effet, il a précisé que ces groupes, couvrant notamment la prévention, la prise en charge, la lutte anti-vectorielle, la planification, le suivi-évaluation, la recherche et la communication, ont formulé des propositions pertinentes.
« Nos échanges porteront sur l'analyse de la situation épidémiologique, l'examen des propositions techniques, la validation du plan stratégique 2026-2030 ainsi que la formulation de recommandations concrètes », a-t-il indiqué. L'adhésion de la population M. Kargougou a, à l'occasion, insisté sur trois priorités majeures pour accélérer la lutte.
Il s'agit de l'intensification des interventions à fort impact, du renforcement de la mobilisation des ressources dans un contexte budgétaire contraignant, ainsi que de l'implication accrue des communautés. « Aucune stratégie ne peut réussir sans l'adhésion totale des populations », a-t-il affirmé. Des résultats encourageants ont été néanmoins été enregistrés.
Pour le secrétaire permanent pour l'élimination du palu-disme, Sidzabda Christian Bernard Kompaoré, l'année 2025 a été marquée par une baisse significative des cas et des décès. « Nous avons connu une baisse drastique des cas de paludisme à hauteur de 32%, ainsi qu'une diminution de la létalité », a-t-il déclaré.
A l'en croire, ces avancées doivent être consolidées à travers une action collective renforcée. « Une seule main ne saurait ramasser la farine », a-t-il illustré, insistant sur la nécessité d'une synergie entre les secteurs, la société civile et les partenaires techniques et financiers. Parmi les acquis majeurs, il a évoqué l'introduction à grande échelle du vaccin antipaludique R21. Désormais, a-t-il poursuivi, tous les districts sanitaires du Burkina Faso offrent cette vaccination aux enfants.
« Nous avons les moyens non seulement de prévenir, mais aussi de traiter cette maladie », a-t-il soutenu, jugeant inacceptable la persistance des décès liés au paludisme. Par ailleurs, M. Kompaoré a expliqué que le nouveau Plan stratégique 2026-2030 met un accent particulier sur la prévention, la prise en charge rapide des cas et la responsabilisation de chaque acteur. « L'objectif est clair, réduire drastiquement l'incidence de la maladie et parvenir à son élimination », a-t-il conclu.