Au Mali, l'armée malienne et ses supplétifs russes de l'Africa Corps ont mené cette semaine des opérations dans les cercles de Goundam, Bintagoungou et Gargando, région de Tombouctou. De nombreuses sources locales rapportent des exécutions sommaires de civils et des destructions attribuées à l'armée malienne. Les jihadistes du Jnim sont notoirement actifs dans ces zones, où ils ont revendiqué une attaque contre un véhicule militaire ce vendredi 3 avril.
Les jihadistes du Jnim revendiquent l'attaque d'une patrouille de l'armée malienne et de ses partenaires russes de l'Africa Corps ce vendredi matin à Gargando, avec un engin explosif improvisé, sans préciser de bilan. Depuis lundi, l'armée malienne et ses partenaires russes sillonnent la zone, dans le cadre de leurs opérations antiterroristes.
Mais les notabilités locales jointes par RFI, ainsi que l'organisation de défense des droits humains CD-DPA, sans nier la présence des combattants jihadistes dans la zone, rapportent une série d'exactions de l'armée contre des civils.
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Mercredi, selon les informations concordantes transmises par ces sources, un jeune homme et l'imam du village ont été tués à Bakkada, cercle de Bintagoungou. Le même jour, un civil a été tabassé et abandonné sur place à Essakane, cercle de Goundam. Le lendemain jeudi, selon ces mêmes sources, un homme sans armes a été exécuté sommairement à Tingarganayssa, près d'Aratane. Un autre, aveugle, a été tué dans un campement à Aragoungou, commune de Gargando, où des tentes ont été pillées et saccagées.
Le marché de Razelma a quant à lui été entièrement incendié. Les images transmises à RFI montrent des installations ravagées par les flammes.
L'armée malienne n'a pas communiqué sur cette opération et, sollicitée par RFI, n'a pas donné suite.
Dans d'autres régions du Mali, l'État-major affirme dans un communiqué diffusé ce vendredi avoir mené des frappes aériennes contre « un camp d'entraînement terroriste » mercredi 1er avril près de Markala et contre « une colonne de véhicules et de motocyclistes terroristes » jeudi 2 avril près de Kidal, revendiquant dans les deux cas la mort de plusieurs « terroristes », sans préciser de chiffre.