Congo-Kinshasa: Cri de détresse des veuves de militaires sans solde auprès de la MONUSCO à Beni

Privées de leurs rentes depuis plus d'un an, des centaines de veuves et d'orphelins de militaires, venus de Goma, ont sollicité ce mardi 7 avril, l'intervention de la MONUSCO à Beni, au Nord-Kivu. Entre précarité et répression, ces familles dénoncent un abandon des autorités face à leur survie.

C'est une délégation marquée par l'épuisement et le deuil qui s'est présentée mardi au quartier général de la MONUSCO, à Boikene (Beni). Ces familles de militaires tombés au front, déplacées depuis Goma en mars dernier, disent avoir épuisé tous les recours locaux pour obtenir le paiement des soldes de leurs défunts époux.

Quatorze mois d'arriérés

Pour ces femmes, leur situation a basculé il y a un peu plus d'un an. Alors qu'elles percevaient régulièrement leurs rentes jusqu'alors, les services de paie leur opposent désormais une fin de recevabilité systématique.

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« Certaines d'entre nous ont déjà passé plus de quatorze mois sans rien percevoir. On nous dit que nos dossiers sont bloqués à l'Inspection générale ou à l'État-major », explique l'une des représentantes du collectif. Ce blocage administratif a des conséquences tragiques : faute d'assistance alimentaire et de soins, au moins huit veuves et plusieurs orphelins auraient déjà perdu la vie dans ce dénuement total.

« Chassées sans pitié »

Le témoignage de ces familles met en lumière un accueil glacial, voire violent. Aux revendications légitimes répondent, selon elles, les gaz lacrymogènes et les tirs de sommation.

« Si tu oses aller réclamer, on te chasse comme un chien. Lorsque les autorités nous voient de loin, elles envoient la police ou la police militaire pour nous disperser », déplorent-elles. Après avoir frappé en vain aux portes du Gouvernorat et de l'État-major du secteur, ces familles disent voir aujourd'hui en la mission onusienne leur « dernier espoir » pour canaliser leur plaidoyer et faire respecter leurs droits fondamentaux.

La MONUSCO en médiatrice

Face à cette détresse, Josiah Obat, chef de bureau de la MONUSCO à Beni, a exprimé la compassion de la Mission. Tout en rappelant les limites de son mandat, il a assuré que la MONUSCO accompagnerait leurs démarches auprès des autorités compétentes afin de débloquer cette situation humanitaire urgente.

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités militaires n'a pu être obtenue pour justifier le blocage des dossiers ou répondre aux accusations de mauvais traitements.

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