Afrique: Les gouvernements prônent un contrôle local accru de l'or africain

La mine Damang de Gold Fields Ltd. au Ghana est au centre d'un changement de politique, le gouvernement cherchant à accroître la propriété locale dans le secteur de l'or. L'État reprendra la mine le 18 avril après avoir refusé de renouveler son bail, selon Bloomberg. Les autorités ont limité la procédure d'appel d'offres aux entreprises détenues à 100 % par des citoyens ghanéens, afin d'empêcher les soumissionnaires étrangers de dominer la vente.

Cette décision s'inscrit dans une tendance où les entreprises internationales surenchérissent sur les acteurs locaux pour l'acquisition d'actifs miniers. En 2024, Newmont Corporation a vendu le projet Akyem à Zijin Mining pour environ 1 milliard de dollars, un montant que les entreprises nationales n'ont pas pu égaler.

La vente de Damang, un actif mature, avait été envisagée par Gold Fields, qui se concentre sur des projets plus prioritaires. L'intervention du gouvernement transfère le contrôle du processus et limite la concurrence aux entreprises locales.

Cette politique intervient alors que le Ghana réexamine les licences pour d'autres actifs, notamment la mine de Tarkwa, plus importante, de Gold Fields, et ajuste les structures de redevances pour le secteur.

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Points clés à retenir

L'approche du Ghana reflète une évolution plus large dans toute l'Afrique vers une participation locale accrue dans les industries extractives. Les gouvernements cherchent à obtenir une plus grande part de la valeur des ressources naturelles en encourageant la propriété nationale et en augmentant les redevances. Le fait de limiter l'appel d'offres de Damang aux entreprises locales réduit la concurrence des sociétés minières internationales, mais crée un espace permettant aux entreprises nationales d'acquérir des actifs qui, autrement, seraient hors de portée.

Toutefois, cette stratégie introduit également des compromis. Les mines matures ont souvent besoin de capitaux, d'expertise technique et d'efficacité opérationnelle pour rester viables, domaines dans lesquels les entreprises internationales ont généralement un avantage. En l'absence de financement et de capacité opérationnelle suffisants, les opérateurs locaux peuvent avoir du mal à maintenir la production ou à prolonger la durée de vie de la mine.

Cette politique est également le signe d'une intervention accrue de l'État dans les décisions d'octroi de licences, ce qui peut affecter la confiance des investisseurs et l'afflux de capitaux à l'avenir. Pour les sociétés minières internationales, cette affaire met en évidence le risque politique croissant lié à la propriété d'actifs en Afrique. Pour les entreprises locales, il s'agit d'une occasion rare de prendre le contrôle d'actifs productifs, à condition qu'elles puissent mobiliser les capitaux et l'expertise nécessaires pour les exploiter efficacement.

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