La croissance de l'Afrique subsaharienne devrait se maintenir à 4,1 % en 2026 au même niveau qu'en 2025 mais les perspectives s'assombrissent selon le dernier rapport du Groupe de la Banque mondiale publié ce 8 avril à Washington.
L'institution a révisé ses prévisions à la baisse de 0,3 point par rapport à octobre 2025 dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques croissantes. Après plusieurs années marquées par des chocs successifs (pandémie, tensions géopolitiques et ralentissement de l'économie mondiale), la reprise engagée en Afrique subsaharienne montre des signes d'essoufflement. Si la région résiste globalement, les moteurs de la croissance restent fragiles et exposés à de nombreux risques.
Les tensions géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, le poids élevé du service de la dette et des contraintes structurelles persistantes continuent de freiner la dynamique économique. À cela s'ajoute la hausse des prix des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, susceptible d'accentuer les pressions inflationnistes attendues à 4,8 % en 2026 et d'affecter davantage les ménages les plus vulnérables.
Une marge de manoeuvre budgétaire réduite
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Le niveau d'endettement des États reste un frein majeur. Le ratio du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes a doublé en huit ans atteignant 18 % en 2025. Parallèlement, les investissements publics demeurent inférieurs à leur niveau de 2014, limitant les capacités de financement des infrastructures essentielles à la croissance et à l'emploi.
Face à l'arrivée de plus de 620 millions de personnes sur le marché du travail d'ici 2050, la Banque mondiale appelle à une transformation économique plus profonde. Elle recommande des politiques industrielles mieux ciblées capables de renforcer la productivité, d'attirer les investissements privés et de favoriser la création d'emplois durables.
À défaut de réformes rapides et efficaces, la région pourrait voir sa croissance stagner, compromettant ses ambitions de développement ainsi que sa capacité à absorber une population active en forte expansion.
