Quel est l'objectif de cette proposition ?
Selon nos estimations, une telle mesure permettrait de sauver jusqu'à trois millions de repas supplémentaires chaque année en incitant les donateurs qui n'ont pas encore rejoint la cause, mais aussi ceux qui, au-delà de la bonne volonté, ont besoin d'un cadre collectif et de solutions durables pour franchir le pas de la solidarité. Dans ce contexte international incertain, il est plus que jamais nécessaire de ne pas relâcher les efforts et de faire changer les choses au niveau systémique quand plus de 100 000 personnes à Maurice souffrent d'insécurité alimentaire alors que 279 kg de nourriture consommable sont encore jetés chaque minute à Maurice.
Avez-vous déjà eu des échanges formels avec le ministère des Finances ou des membres du gouvernement sur cette mesure ?
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Oui, nous avons eu des échanges intéressants avec différents ministères et institutions publiques. Cette mesure a, jusqu'à présent, été bien accueillie. C'est une mesure sociale qui est en ligne avec les plans gouvernementaux sur l'économie circulaire et qui permettrait de renforcer la sécurité alimentaire pour les familles les plus vulnérables, Nous poursuivons nos efforts, d'autant plus à l'approche des consultations budgétaires. Nous continuons à rencontrer les acteurs clés afin de mobiliser un maximum de soutien et encourager l'intégration de cette mesure dans le Budget 2026-2027.
Le «Pact on Food Tax Relief» rassemble une vingtaine de signataires. Ce soutien du secteur privé a-t-il été formellement communiqué au gouvernement ?
Afin d'appuyer notre nouvelle proposition de loi et de faire de cette mesure sociale un sujet collectif, nous avons mis en place le Pact on Food Tax Relief afin de fédérer le soutien du secteur privé, des ONG partenaires et d'autres acteurs du marché de l'agro-industrie. Une vingtaine de signataires ont déjà rejoint le pacte et d'autres sont encore à venir ! À chaque rencontre gouvernementale, nous ne manquons pas de le partager et potentiellement un événement de signature est prévu. Notre campagne Save the Unsolds en cours est également un fort levier de communication sur notre plaidoyer.
Quel est le coût fiscal estimé pour l'État et comment répondez-vous à ceux qui diraient que ce n'est pas le bon moment vu la pression sur les finances publiques ?
L'investissement est moindre comparé au gain sur les dépenses nationales en matière de santé et de protection sociale. C'est un investissement pour nourrir la population avec un faible coût fiscal pour un fort impact social. Ce n'est pas une dépense ; c'est un levier multiplicateur. À plus long terme, une population mieux nourrie est une population en meilleure santé, avec moins de problèmes liés à la malnutrition et donc, plus à même de participer activement à l'économie. Ce n'est donc pas une dépense, mais un levier d'impact social et économique durable.
Si cette mesure ne passe pas dans le Budget 2026-2027, quelle sera la suite pour FoodWise ? Vous continuerez à plaider ou y a-t-il une alternative envisagée ?
Cette mesure doit passer ! Les chiffres sont encore bien trop alarmants en 2026 comme précisé plus tôt quand on connaît les chiffres du gaspillage alimentaire. Nous continuerons à plaider pour des solutions visant à réduire l'insécurité alimentaire, le gaspillage et à renforcer une chaîne de solidarité durable. Nous avons déjà contribué à faire évoluer certains sujets, notamment autour des Best Before et Expiry dates, mais il reste encore beaucoup à faire. Notre engagement est clair : continuer à faire évoluer les cadres existants pour un changement durable.
Si elle passe, dans combien de temps les effets seraient-ils visibles concrètement sur le terrain ?
Une fois la mesure adoptée, une phase de mise en oeuvre sera nécessaire, notamment pour assurer la mise en place de systèmes de suivi et de traçabilité. Cela impliquera à la fois les acteurs du secteur agroalimentaire participant aux dons ainsi que les ONG bénéficiaires et les institutions gouvernementales en charge des contrôles et des vérifications. Les premiers effets pourraient être visibles relativement rapidement, à mesure que les mécanismes seront opérationnels et que les flux de redistribution augmenteront.