Les résistances dues aux antibiotiques ou Résistances antimicrobiennes (Ram) causent, chaque année, des millions de morts dans le monde. Il est urgent de se focaliser sur ce fléau et sur d'autres, dont la pollution plastique omniprésente dans nos vies avec des conséquences désastreuses aussi bien sur la santé humaine et animale que sur l'environnement.
D'où le sens de l'engagement du président français Emmanuel Macron qui a initié le Sommet « One Health » de Lyon, afin que l'approche « Une Seule Santé », basée sur des preuves scientifiques, soit traduite à travers des actions concrètes susceptibles de produire des changements pour le bien de l'humanité.
Passer des paroles aux actes. Tel est le maître mot du Sommet sur le « One Health » (Une Seule Santé) qu'a accueilli la ville de Lyon, en France, les 6 et 7 avril 2026. Co-présidant, hier, mardi 7 avril, la session de haut niveau avec son homologue du Ghana, John Dramani Mahama, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé son engagement d'avancer sur des chantiers concrets pour faire face aux menaces sanitaires mondiales.
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Il a, dès lors, annoncé le lancement d'un « pacte international pour préserver l'efficacité des antibiotiques, avec des engagements visant à réduire leur usage inapproprié, et à garantir un accès équitable et durable aux traitements essentiels tout en bannissant l'usage des antimicrobiens comme facteurs de croissance dans l'élevage ».
Cette initiative sera accompagnée d'un « réseau international sur la résistance antimicrobienne afin de coordonner les efforts et de mieux comprendre la menace », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'une « science libre, ouverte et indépendante ». En effet, a argumenté M. Macron, « la santé mondiale ne progressera pas si la science devient un instrument politique ou si certains gouvernements restreignent la liberté de recherche ».
Mais, cela suppose, selon lui, « une gouvernance mondiale pleinement transparente, partageant l'information, au fur et à mesure, avec toutes les parties prenantes, sous la coordination légitime de l'Oms et en articulation avec les organisations régionales ».
Pour prévenir l'émergence de futures pandémies, la France compte élargir « la coalition internationale de l'initiative Prezode (Preventing Zoonotic Diseases Emergence), lancée lors du « One Planet Summit » de janvier 2021. « Ces partenariats permettront de déployer des projets concrets sur le terrain et de développer des réseaux d'épidémiologie pour l'observation, la caractérisation et le suivi des maladies », a précisé le chef de l'État français. Il estime qu'il est aussi essentiel de bâtir des « stratégies nationales pensées et assumées par les pays ».
Poursuivant, Emmanuel Macron d'informer : « La Banque mondiale a déjà fait des propositions dans ce sens dans une quinzaine de pays. Il s'agit de les élargir pour bâtir des approches intégrées et rassemblant tous les contributeurs --Oms, Banque mondiale, fonds verticaux et pays donateurs-- autour de stratégies cohérentes et acceptées. Fort de sa vision et de son leadership, j'ai proposé au président du Ghana que son pays soit le projet pilote de cette démarche ».
Avec six autres États, la France compte « soutenir le groupe d'experts de haut niveau pour l'approche « Une Seule Santé ». Elle s'engage aussi à « inscrire durablement les enjeux de santé dans les négociations climatiques, les contributions nationales et les plans d'adaptation des États, dans la continuité du plan d'action de Belém issu de l'accord du Brésil.
C'est le sens de la déclaration « One Health, One Beyond ». M. Macron tient aussi à « un cadre volontaire de mise en commun et d'analyse des données de santé humaine, animale et environnementale pour renforcer la connaissance et éclairer la décision politique ». Intitulée « One Health Data Convergence », cette initiative « permettra de construire des écosystèmes virtuels sur lesquels les scientifiques pourront tester leurs hypothèses ».
Concernant la pollution plastique dont les conséquences sont désastreuses, il promet de poursuivre la mobilisation « pour un traité international ambitieux de lutte ». D'ailleurs, il a réaffirmé « l'urgence d'aboutir à un texte concret pour lutter contre ce fléau ». S'agissant des aliments dits ultratransformés, le président français a fait savoir qu'une déclaration visant à converger vers une définition harmonisée est adoptée en partenariat avec le Kenya, la Guinée, le Cambodge, l'Oms, Africa Cdc, etc.
L'autre annonce concerne « le réseau « One Brain Health » pour comprendre et prévenir l'impact des transitions environnementales sur la santé cérébrale, dont la santé mentale ».
Une coopération internationale interdisciplinaire pour anticiper les menaces sanitaires
Sras, H5n1, Ebola et, plus récemment, la Covid-19. La liste des épidémies qui constituent des préoccupations majeures dans le monde est loin d'être exhaustive. Ces pathologies méritent des actions urgentes, concrètes et surtout la nécessité de coopérer. Pour le chef de l'État français Emmanuel Macron, qui a co-présidé, le mardi 7 avril, avec son homologue du Ghana, John Dramani Mahama, la session de haut niveau du Sommet « One Health » (Lyon, 6-7 avril 2026), la coopération internationale et interdisciplinaire est plus que nécessaire dans le domaine de la santé.
À son avis, c'est tout le sens du concept du « One Health ». Il a souligné que cette approche « repose sur des éléments scientifiques établis, mais aussi sur une réalité que nous partageons tous et dont nous avons besoin ». Sur ce, M. Macron convoque la situation actuelle mondiale marquée, entre autres, par des divisions, des guerres et la baisse des contributions dans des secteurs prioritaires pour justifier l'importance d'une synergie d'actions pour changer les choses.
Selon lui, la coopération internationale et interdisciplinaire doit également concerner la recherche. Elle est, dit-il, la seule capable de faire face aux menaces sanitaires mondiales. Surtout qu'il est scientifiquement démontré que « la santé humaine, la santé animale, l'environnement et l'alimentation sont intimement liés ».