Un gendarme a été agressé lors d'une fête à Antalaha. Son arme de service, volée dans des circonstances encore floues, demeure introuvable. L'incident a ravivé les tensions entre forces de l'ordre, élus locaux et habitants.
Victime d'une agression au cours d'une fête villageoise à Marofinaritra Ankavia, dans le district d'Antalaha, un gendarme est actuellement hospitalisé. Son arme de service a disparu et n'a pas encore été retrouvée.
Les faits se sont produits dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 avril, lors d'une célébration organisée par les femmes du village. Selon plusieurs habitants, une dispute familiale aurait dégénéré. Le gendarme, en civil, serait alors intervenu, frappant un participant avant de tirer en l'air, provoquant un mouvement de panique. Trois jeunes, dont le DJ, ont ensuite été interpellés et malmenés. Des témoignages font également état de pressions exercées sur la population pour retrouver l'arme disparue.
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Présent sur les lieux, le député Julien Nasira affirme que le gendarme était ivre et portait son arme au moment des faits. Selon lui, il aurait ouvert le feu à l'extérieur du bal et l'enquête menée ne tiendrait pas compte de ce contexte. L'élu dénonce par ailleurs les violences infligées à plusieurs habitants, dont certains auraient été blessés, et juge injustifiées les sanctions collectives imposées au village.
Dépouillé
Les gendarmes livrent, eux, une tout autre version. Selon eux, ils auraient été sollicités par un notable afin d'intervenir auprès de son fils, présent au bal. L'un des gendarmes serait alors entré dans la salle pour s'entretenir avec le jeune homme, pendant que son collègue attendait à l'extérieur. La situation aurait basculé lorsque le DJ aurait appelé la foule à s'en prendre au militaire.
Le gendarme aurait alors été frappé puis dépouillé de son arme. Son collègue serait intervenu pour le secourir et l'évacuer, avant de demander du renfort. Blessé, le chef aurait perdu connaissance avant d'être hospitalisé. Selon cette version, les violences entre habitants seraient survenues par la suite, sur fond de désaccords internes au village.
« Les supérieurs ont ordonné la libération des personnes interpellées, mais exigé que la population retrouve collectivement le pistolet », affirme un officier contacté hier.
Entre récits contradictoires et tensions persistantes, les habitants disent vivre dans un climat de peur et réclament l'intervention des autorités afin de garantir le respect de leurs droits. « Le gendarme était ivre. C'est toute la population qui est sanctionnée », affirme le député.