Sénégal: Des perspectives favorables à l'horizon 2031 pour le pays

9 Avril 2026

Le ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération a publié, mercredi 8 avril 2026, son document sur le développement économique et les perspectives. Selon le rapport, la croissance pour l'année 2026 est désormais projetée à 2,5 %. À l'horizon 2031, cet indicateur macroéconomique devrait atteindre la barre des 6 %.

Le ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération a publié, hier, mercredi 8 avril 2026, son document sur le développement économique et les perspectives. Il y est mentionné que les perspectives à moyen terme sont tributaires d'une consolidation budgétaire à finaliser à l'horizon 2027 et une hausse progressive de la croissance hors hydrocarbures, portée par le secteur privé, y est relevée grâce à une productivité accrue comparée à celle des dernières années.

À moyen terme et malgré la possibilité d'une hausse plus modérée de la croissance, le Sénégal table sur le maintien du déficit budgétaire à 3 % du Pib conjugué à une stratégie d'endettement privilégiant le marché régional, qui devrait permettre de ramener le ratio de soutenabilité de la dette en dessous des seuils critiques. Ce, nonobstant la hausse des charges d'intérêts qui ont augmenté d'une moyenne de 2,8 % sur 2019-2024 à 5 % sur la période 2025-2030. De l'autre côté, l'élargissement de l'assiette fiscale permettra une mobilisation de recettes fiscales entre 20 et 25 % du Pib.

Des performances qui permettraient de financer des investissements sur ressources intérieures avec un effet de levier du secteur privé en ligne avec la « Vision 2050 ». Fort de ces indicateurs macroéconomiques, la croissance devrait augmenter de 3 % en 2026 à 6 % en 2031. Sur la période de projection, il est retenu l'hypothèse d'une amélioration durable de la Productivité totale des facteurs (Ptf) par rapport aux épisodes de croissance observés entre 2000 et 2019, période au cours de laquelle la Ptf demeurait globalement positive, mais modérée.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Les projections sont établies à partir d'une fonction de production du Pib hors hydrocarbures afin de mieux capter les dynamiques structurelles de l'économie. Ainsi, sur la période 2027-2031, la croissance du Pib hors hydrocarbures ressortirait en moyenne à 5,1 %.

Une croissance de 2,5% en 2026

Au total, la croissance économique en 2026 est estimée à 2,5 % par rapport à 6,7 % en 2025, marquant une décélération en lien avec une baisse de la contribution des hydrocarbures après une année pleine de production. Il est attendu une croissance économique hors hydrocarbures et agriculture de 3 % en 2026, moins que le taux de 5,5 % prévu dans la Lfi 2026 au vu du ralentissement observé en 2025.

Selon le ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération, il s'agit néanmoins d'une hausse de 1,4 point par rapport à 2025, car le ralentissement à 1,6 % en 2025 aurait été de 2,3 % hors effets extractifs et agriculture et de 2,9 % l'agriculture y compris.

Du point de vue de l'offre, la progression de l'activité économique serait portée par le secteur primaire avec une croissance estimée à 4,8 % après 7 % en 2025 ; le secteur tertiaire dont la valeur ajoutée progresserait de 2,8 %, après 2,5 % en 2025. Sans oublier la progression des taxes nettes, qui reste inchangée par rapport à 2025, soit à 2,4 %. De son côté, le secteur secondaire affiche une croissance plus modérée de 1 %, pénalisée par la contreperformance du sous-secteur des hydrocarbures après 16,7 % en 2025. Quant au secteur tertiaire, il devrait présenter une contribution de 1,4 point après 1,3 point en 2025.

Du point de vue de la demande, la croissance économique en 2026 serait soutenue par la progression de l'ensemble de ses composantes. Les exportations augmenteraient de 1,6 %, la consommation finale de 3,4 %, l'investissement de 3,7 %, tandis que les importations progresseraient de 4,5 %, reflétant la demande privée. En termes de contribution à la croissance, la dynamique serait principalement tirée par la consommation finale qui apporterait 2,7 points de pourcentage, en lien avec l'évolution de la consommation privée. Les exportations et l'investissement contribueraient respectivement à hauteur de 0,4 point et 1,4 point.

Pour le gouvernement du Sénégal, tous les ratios de viabilité de la dette sont dans une trajectoire favorable dans le scénario de base. En effet, les transferts des migrants, soit 11 % du Pib, ainsi que l'appartenance à l'Uemoa, explique-t-on dans le document, sont deux facteurs particuliers au Sénégal qui renforcent le verdict de soutenabilité de sa dette. Ceci relaxe, en partie, la contrainte de ses exportations et de ses recettes fiscales pour faire face à sa dette.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.