Ile Maurice: Le skipper Kamlesh Boulaky traqué

Une enquête menée par les policiers de la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) de la Northern Division a permis de mettre au jour un réseau structuré, impliqué dans des vols de bateaux, de moteurs de hors-bord et d'équipements marins dans plusieurs régions du Nord. Les enquêteurs soupçonnent fortement le skipper Kamlesh Bolaky, actuellement recherché, d'être celui qui mène les expéditions maritimes clandestines.

La police craint que ce dernier ne prenne le large à tout moment et quitte le pays. Un appel est lancé au public : toute information pouvant mener à son arrestation doit être communiquée sur la hotline 148. Les enquêteurs décrivent Kamlesh Bolaky comme un marin expérimenté, capable de naviguer de nuit et d'utiliser des embarcations rapides pour échapper aux contrôles.

La base : Cité Richelieu

Il serait à la tête d'un réseau opérant à partir de Cité Richelieu, avec des ramifications à Petite-Rivière et dans plusieurs villages côtiers du Nord. Selon les renseignements recueillis, les bateaux et moteurs volés serviraient à organiser des expéditions en mer, notamment entre Maurice et La Réunion, souvent privilégié pour l'importation de zamal, ainsi que des rencontres suspectes en pleine mer en direction de Madagascar.

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Les investigations ont débuté après une série de plaintes enregistrées à la National Coast Guard et dans plusieurs postes de police. À Trou-aux-Biches, un pêcheur a signalé le vol d'un moteur hors-bord Yamaha 15 HP, fixé à son embarcation qui était amarrée dans le lagon.

Le préjudice est estimé à Rs 30 000. Selon une autre plainte, un moteur Suzuki 20 HP a été dérobé dans la cour d'un établissement à Forbach. À Bain-Boeuf, un pêcheur a également rapporté le vol d'un moteur Yamaha 15 HP, pourtant sécurisé avec un cadenas. Dans un autre cas, un bateau et ses deux moteurs Yamaha ont disparu du lagon de Trou-aux-Biches et la valeur du vol est estimée à Rs 750 000.

D'autres victimes ont également signalé des vols similaires. À Grand-Baie, des cannes à pêche professionnelles et des moulinets de grande valeur ont été dérobés après une effraction dans un boathouse. À Balaclava, la disparition d'une embarcation équipée de deux moteurs et d'un échosondeur a été signalée. Le mode opératoire est similaire dans la plupart des cas : les cadenas sont brisés, les moteurs démontés rapidement et les embarcations déplacées discrètement durant la nuit.

Face à cette série de larcins, la DCIU Northern a lancé une opération d'envergure. L'analyse des renseignements recueillis par les Field Intelligence Officers a permis d'identifier deux véhicules suspects aperçus à proximité de plusieurs lieux de vols. Leur présence répétée dans ces zones et à des horaires critiques a éveillé les soupçons. Une surveillance a été mise en place, permettant aux enquêteurs de remonter progressivement vers un réseau basé à Cité Richelieu.

Dans le viseur de la FCC

Le 2 avril dernier, une équipe composée d'éléments de la DCIU Northern, de la DCIU Metro North, de la Criminal Investigation Division de Trou-aux-Biches, de la Maritime Intelligence Cell, de la Special Supporting Unit, de la Marine Commandos et de la Special Response Group, a mené une opération ciblée à l'avenue Beethoven, Cité Richelieu. Trois suspects ont été arrêtés : Ambrose Antonio Bauda, 50 ans, maçon ; Pierre Serge Stellio Victor, 53 ans, sans emploi ; et Julio Jean Michel Lajoie, 35 ans, plombier. Les enquêteurs soupçonnent ces individus d'être impliqués dans le stockage et la revente des moteurs volés, ainsi que dans la logistique du réseau.

Au fil des investigations, les enquêteurs ont également établi un lien entre cette série de vols et le trafiquant notoire Gino Meetun, basé à Cité Richelieu, récemment inquiété lors d'une opération menée par la Financial Crimes Commission. Lors de cette intervention, plusieurs biens avaient été saisis, dont des véhicules 4x4, une voiture de luxe ainsi que des camions enregistrés à son nom.

Déjà fiché par la brigade antidrogue, ce trafiquant était dans le collimateur des autorités depuis plusieurs années. À plusieurs reprises, des opérations avaient été montées pour tenter de l'interpeller mais, faute d'éléments suffisants ou de flagrant délit, il avait réussi à échapper aux poursuites.

Les enquêteurs soupçonnent désormais que ce réseau de Richelieu servait de base logistique pour organiser les vols et les expéditions maritimes. Les moteurs dérobés auraient été utilisés pour équiper rapidement des embarcations destinées à des traversées clandestines. Certaines sources indiquent également que les bateaux volés pouvaient être utilisés pour effectuer des transferts en mer avant d'être abandonnés ou échoués.

À bord du «Mao»

L'enquête a aussi permis de faire le lien avec une affaire remontant à juin 2024 et relative à un bateau volé dans le lagon de Grand-Baie. Le Mao avait été retrouvé échoué à Saint-André, à La Réunion, avec à son bord Kamlesh Bolaky et Jean Stephen Ambalavani. Les deux hommes avaient été arrêtés par la gendarmerie réunionnaise, qui soupçonnait un transfert de drogue entre les deux îles. Bien qu'aucun stupéfiant n'ait été retrouvé lors de la fouille, ils avaient été renvoyés à Maurice et arrêtés à leur descente d'avion.

Lors de cet épisode, Kamlesh Bolaky et Jean Stephen Ambalavani avaient identifié Jérôme Roger Agathe comme étant celui qui leur avait remis le bateau.

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