Sénégal: Cybercriminalité financière - La DSC met en échec une fraude de 57,6 millions FCFA

La Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité (DSC) a mis en échec une tentative d'escroquerie d'envergure reposant sur une technique de fraude dite Business Email Compromise (BEC). L'opération visait un virement frauduleux de 57 630 000 FCFA au détriment de la Banque Islamique du Sénégal.

Selon les éléments de l'enquête, les cybercriminels ont déployé un stratagème particulièrement élaboré pour tromper la vigilance des acteurs financiers. Ils ont notamment créé une adresse électronique miroir imitant celle de la société « Nouvelle Vision du Sénégal », accompagnée de faux documents commerciaux et bancaires. Le transfert frauduleux était justifié par un prétendu achat d'engins lourds pour le compte de la société « GCEM Sénégal », une opération entièrement fictive.

Grâce à un dispositif de surveillance technique en temps réel, les enquêteurs ont pu remonter la piste des fonds jusqu'à un compte domicilié à Orabank Sénégal. Une intervention coordonnée menée le 3 avril 2026 a permis l'arrestation d'un suspect clé au niveau de l'agence des Almadies.

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Les investigations ont révélé l'existence d'un réseau structuré, dont certaines ramifications s'étendent au-delà des frontières nationales. À ce stade de la procédure, plusieurs individus ont été déférés devant le parquet du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar, tandis que les fonds visés ont pu être sécurisés avant tout décaissement. Les recherches se poursuivent activement pour identifier d'éventuels complices basés à l'étranger.

Face à la recrudescence des attaques de type BEC, la Police nationale du Sénégal appelle les institutions financières et les entreprises à renforcer leurs dispositifs de sécurité. Elle recommande notamment la vérification systématique des instructions de virement reçues par e-mail, la confirmation des demandes sensibles via un second canal sécurisé, ainsi que le renforcement des procédures internes de validation.

Les autorités insistent également sur la nécessité de sécuriser les messageries professionnelles, de sensibiliser le personnel aux risques de cyberfraude et de prêter une attention particulière aux adresses électroniques suspectes, souvent caractérisées par de légères modifications difficilement perceptibles. Enfin, la Police nationale rappelle que la vigilance des acteurs économiques, conjuguée à une coopération étroite avec les forces de sécurité, demeure un levier essentiel pour prévenir et combattre efficacement la cybercriminalité financière.

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