Un Dialogue consultatif de haut niveau consacré à la Nouvelle architecture financière africaine (Nafa) s'est ouvert le 9 avril 2026 à Abidjan.
Une rencontre stratégique placée sous le haut patronage du président Alassane Ouattara et marquée par la présence du Premier ministre Robert Beugré Mambé.
Dans son allocution d'ouverture, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a posé un diagnostic clair : le modèle actuel de financement du développement du continent atteint ses limites.
Avec un déficit annuel estimé à plus de 400 milliards de dollars, malgré une épargne disponible d'environ 4 000 milliards, l'Afrique fait face à un paradoxe structurel.
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Face à cette situation, le dirigeant de l'institution panafricaine a lancé un appel fort à l'adoption du « Consensus d'Abidjan », présenté comme l'acte fondateur de la mise en oeuvre à grande échelle de la Nafa.
Ce cadre stratégique vise à fédérer l'ensemble des acteurs autour d'une vision commune et à assurer l'appropriation institutionnelle de cette nouvelle architecture par tout l'écosystème financier africain.
Pour Sidi Ould Tah, les difficultés actuelles tiennent moins à un manque de ressources qu'à des contraintes structurelles persistantes : fragmentation des institutions, mauvaise allocation du risque et insuffisante coordination entre financements publics et privés.
La Nafa entend précisément répondre à ces failles en réorganisant en profondeur le système financier africain. Structurée autour de quatre principes -- subsidiarité, complémentarité, coordination et transformation du risque -- cette nouvelle architecture ambitionne de fluidifier la mobilisation et le déploiement des capitaux.
Elle s'appuie également sur des laboratoires thématiques (« Labs »), chargés de concevoir des instruments concrets, notamment en matière de mobilisation de l'épargne domestique, de financement des PME et de développement des infrastructures.
Le « Consensus d'Abidjan », document stratégique devrait entériner une nouvelle génération d'outils financiers, incluant des mécanismes de garantie pour atténuer les risques, des opportunités de cofinancement et des dispositifs de renforcement des fonds propres des institutions africaines de développement.
À travers cet appel, Sidi Ould Tah positionne le Dialogue d'Abidjan comme un tournant décisif.
L'adoption du « Consensus d'Abidjan » pourrait ainsi marquer le passage d'une phase de réflexion à une dynamique d'action, ouvrant une nouvelle ère pour le financement du développement en Afrique, fondée sur une croissance plus inclusive, souveraine et durable.