Cameroun: Maurice Kamto accuse le RDPC de redouter la confrontation électorale

Depuis 2018, le Cameroun a repoussé six scrutins locaux et législatifs. Un record en Afrique centrale. Le professeur Maurice Kamto dénonce une stratégie de peur.

Contexte : la conférence de presse du MRC à Yaoundé

Le 9 avril 2026 à Yaoundé, Maurice Kamto a tenu une conférence de presse. Le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a vivement fustigé le report des élections. Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir, repousse sine die les législatives et municipales. Initialement prévues fin 2025, ces échéances n'ont plus de calendrier officiel.

Pourquoi le RDPC redouterait-il un double scrutin ?

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Selon Maurice Kamto, le RDPC ne cherche pas à transformer sa victoire présidentielle. Un président « normalement élu » voudrait consolider sa majorité au Parlement et dans les conseils locaux. Or Paul Biya, proclamé vainqueur de la présidentielle d'octobre 2025, fuit la confrontation électorale. Kamto y voit un double aveu : la remise en cause de la victoire de Biya, et la crainte d'un revers cuisant du RDPC lors du double scrutin.

Mécanismes : l'article 15 du Code électoral camerounais

Le report des élections s'appuie sur l'article 15 du Code électoral. Ce texte permet au président de repousser les scrutins pour « raisons techniques ». En pratique, le RDPC utilise cette clause pour geler la vie politique locale. Sans législatives, le MRC ne peut contester la majorité parlementaire. Sans municipales, les bastions urbains acquis à l'opposition restent sous administration RDPC. La confrontation électorale est ainsi évitée par un outil juridique.

Quelle issue sans calendrier ?

Le RDPC parviendra-t-il à geler indéfiniment le double scrutin sans déstabiliser le pays ? Maurice Kamto parie sur une pression interne croissante. La question reste ouverte : une démocratie peut-elle survivre à six reports successifs ?

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