Ce 9 avril, c'était l'avant-dernier jour de campagne. À trois jours du scrutin présidentiel du 12 avril, Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), a consacré une bonne partie de sa journée à Porto-Novo. Après une série de grands meetings organisés aux quatre coins du pays - une quarantaine d'étapes selon son équipe de campagne - il a fait le choix de terminer son périple en mode resserré, privilégiant désormais les petites réunions au siège de son parti.
Sa première réunion s'est tenue au siège des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), à l'entrée de Ouando, un des plus vieux marchés de Porto-Novo. Dans une salle sobre, et légèrement sombre à cause d'une coupure de courant, aux murs tapissés d'affiches de couleur verte avec des cauris blancs, Paul Hounkpè, derrière un bureau, fait face à une trentaine de femmes venues l'écouter.
Les dix ans de gouvernance Talon sont passés au crible : le niveau de la dette publique, l'absence d'élus de l'opposition au Parlement et dans les assemblées locales, ainsi que la détention de prisonniers politiques.
« Nous ne sommes pas les mêmes » avec Romuald Wadagni
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Ce tableau, dit-il, appelle à une décrispation urgente. Les Béninois doivent se parler et se pardonner.
Puis vient une mise au point, pour répondre à ceux qui l'accusent de pratiquer une opposition trop tiède : « Je dis non ! Moi, je ne suis pas lié ! Nous sommes opposés, nous ne sommes pas les mêmes. Les options politiques et idéologiques ne sont pas les mêmes. »
Paul Hounkpè entend faire de la santé, et surtout de l'éducation nationale, ses deux secteurs prioritaires. Il promet la gratuité et l'obligation de l'école primaire pour tous les enfants, ainsi qu'un statut particulier pour l'ensemble des acteurs du secteur. Il répète que la partie n'est jouée d'avance, et reprend sa formule des premiers jours : « Si le match était plié, on ne mettrait pas autant d'énergie contre la candidature de Hounkpè. Dimanche, le peuple va décider. On va prendre le pouvoir. »
Amina Baba Ibrahim a écouté Paul Hounkpè. Elle est conquise : « C'est le meilleur des candidats. Si on est conscient des faits pour lesquels le peuple souffre, le seul capable de ramener la paix, c'est Paul Hounkpè, du nord au sud, de l'est à l'ouest. »
À la fin du meeting, au moment de partir, un groupe de femmes venues du marché s'est approché pour l'encourager et lui soumettre leurs préoccupations. Paul Hounkpè leur a réitéré ses propositions. Il s'est ensuite rendu en visite chez le roi de Porto-Novo.