Sénégal: Le ministère de l'Économie anticipe une croissance à 2,5%, très inférieure à celle de 2025

Le Sénégal revoit à la baisse ses perspectives de croissance pour 2026. Dans un rapport détaillé d'une quarantaine de pages intitulé « Développements économiques récents et perspectives », le ministère de l'Économie prévoit désormais une croissance de 2,5%, bien inférieure aux 6,7% en 2025.

Au lieu des 5% de croissance prévus par la loi de Finances pour 2026, ce chiffre tombe désormais à 2,5. Un écart qui s'explique, en partie, par la baisse de la contribution des hydrocarbures. En effet, si le champ pétrolier de Sangomar, situé au large du Sénégal, a fonctionné à plein régime en 2025, sa production décline en 2026.

Avec une économie au Sénégal très dépendante des hydrocarbures, la baisse attendue de ces recettes va donc faire chuter la croissance.

C'est d'ailleurs l'un des défis du Sénégal : générer de la croissance hors pétrole et agriculture. Car, depuis 2017, l'activité économique, en dehors de ces deux secteurs, n'a cessé de ralentir, et encore plus depuis 2024.

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Résultat, avec moins de croissance, il y a aussi moins de recettes fiscales - 9% de moins que ce qui avait été prévu - selon ce rapport du ministère de l'Économie. Soit un manque à gagner de près de 500 milliards de francs CFA - 762 millions d'euros - pour les caisses de l'État.

Des prévisions douloureuses mais « plus réalistes »

Dans un contexte de dette colossale à 113% du PIB fin 2025, ce réajustement des prévisions pour 2026 est douloureux, « mais il est aussi plus réaliste », estime un analyste financier. Il est plus proche aussi des prévisions du FMI, qui tablait sur une croissance de 3%, ce qui pourrait ouvrir la voie à une reprise des discussions avec le bailleur.

Une rencontre avec le FMI et le ministre des Finances Cheikh Diba est en tout cas prévue lundi à Washington après des mois de silence radio.

Le pays ouest-africain est confronté à une situation économique préoccupante avec une dette du secteur public et parapublic estimée à 132% du PIB à fin 2024.

Les autorités accusent le régime de l'ex-président Macky Sall d'avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clés comme la dette publique et le déficit budgétaire.

En conséquence, le Fonds monétaire international (FMI) a suspendu son programme d'aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d'euros) conclu en 2023, en attendant d'avoir des réponses et des engagements des nouvelles autorités.

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