Madagascar: « Romance pour un crocodile », une autre vision de la mort

La salle Albert-Camus de l'Institut français de Madagascar plonge dans le noir, à l'exception de la scène éclairée, où l'histoire prend vie. En une seule pièce, plusieurs récits se succèdent au rythme de chants créoles.

Les péripéties de John John, amoureux de la musique, et de Brigitte, fille du maître du bayou, se révèlent au jeune public captivé dans la salle. Avec elles, celles également de nombreux autres personnages, interprétés par Vincent Fontano et Audrey Vilpon, sous la mise en scène d'Aurélie Lauret.

John John, banni pour sa musique triste, trouve refuge dans le bayou où sa guitare enchante les crocodiles. L'artiste réunionnais Vincent Fontano, reconnu pour son travail au théâtre et au cinéma, a d'abord imaginé l'histoire pour sa fille. Elle s'inspire d'une ancienne légende qu'il a découverte à Mahajanga celle des crocodiles aux bracelets d'or ainsi que de son premier voyage à La Nouvelle-Orléans.

Par sa voix, la jeune chanteuse Audrey Vilpon accompagne le récit et transporte le public dans le berceau du jazz. La scène devient alors un monde indianocéanique mêlant contes de la Grande Île et sonorités de La Réunion, dans une fusion artistique à la fois d'ici et d'ailleurs.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

L'art des enfants

Interrogé sur la finalité de la pièce, l'auteur de Romance pour un crocodile exclut toute morale. Conscient des similarités culturelles des deux îles, il souhaite apporter de la légèreté à un sujet souvent tabou. « D'habitude, j'écris des tragédies et ma fille ne peut pas les voir. La mort, c'est courant chez nous. Je voulais trouver un moyen de dédramatiser cela pour les enfants », confie-t-il.

Malgré le poids du thème abordé, le jeune public saisit le message et s'amuse du destin des personnages qui évoquent tour à tour leur passé. Loin du ton tragique habituel, la pièce rit de la mort. Le succès se mesure à l'accueil enthousiaste et aux applaudissements.

Le spectacle « Romance pour un crocodile » a été mis à l'honneur sur la scène du théâtre de l'IFM samedi dernier à l'occasion du festival Zazamifety. Chaque année, le festival veille à développer l'éducation culturelle et artistique du jeune public. À travers la découverte et la créativité, l'IFM met en lumière l'importance du jeu, reconnu comme un droit fondamental par l'Unicef et essentiel au développement des enfants.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.