Dans le Mono, Wadagni joue la carte de la connaissance du terrain et de l'expérience gouvernementale

Dans le département dont il est originaire, Lokossa par son père, Comè par sa mère, Romuald Wadagni a mené une tournée de campagne de terrain.
10 Avril 2026
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InfoWire

Dans le département dont il est originaire, Lokossa par son père, Comè par sa mère, Romuald Wadagni a mené une tournée de campagne de terrain, démontrant sa fine connaissance de l’économie locale et sa capacité à articuler une stratégie nationale de développement. De Grand-Popo à Lokossa, en passant par Comè, Bopa et Houéyogbé, le candidat s’est adressé, ce mercredi 8 avril, aux populations exclusivement en ewé, affirmant un lien direct avec les communautés. À chaque étape, il a mêlé proximité affective et propositions concrètes, mettant en lumière les priorités propres à chaque commune.

Grand-Popo, protéger le littoral pour créer de l’emploi

À Grand-Popo, ville côtière où pêche et tourisme structurent l’économie locale, l’accueil est celui réservé à un enfant du terroir. « C’est notre fils, il est à nous ! », scandent les habitants massés en bord de mer. Romuald Wadagni entonne lui-même en référence à l’élection : « Est-ce que nous allons le faire ? », et la foule répond en chœur : « Oui, nous le ferons ! »

Face à l’érosion côtière, il alerte : « Vous voyez la plage en face. Dans quelques années, si on ne fait pas attention, la mer engloutira nos maisons ici. » Grand-Popo devient ainsi un point d’ancrage pour une politique liant urgence environnementale et développement économique : « Nous allons travailler sur le problème de l’érosion côtière et du tourisme comme levier de développement et de création d’emplois. »

Comè, le lien maternel et la modernisation du commerce

À Comè, carrefour commercial et commune agricole, Romuald Wadagni évoque sa filiation maternelle : « Quand je suis fatigué et que je veux me reposer, je viens à Comè. Je connais ce qui vous manque ici. Le sujet, c’est comment arranger chez moi. Je connais les besoins de mes frères, sœurs, de mes parents. »

Il ajoute : « Je m’arrête toujours ici pour faire le marché sur la route en allant chez ma mère. Je connais vos réalités. » Le candidat de la majorité présidentielle met l’accent sur les infrastructures et le soutien aux femmes : « Comè a besoin de son grand marché moderne comme toutes les grandes villes carrefours. Nous avons proposé une nouvelle formule de microcrédit disponible en deux jours. Nous avons fait en sorte que le coût de ce microcrédit ne soit pas trop dur à supporter. »

Bopa, la rhétorique de la proximité

À Bopa, au bord du lac Ahémé, il pose des questions dont il connaît déjà les réponses, et la foule répond en chœur par la négative : « Est-ce qu’il y a encore du poisson dans le lac ? Est-ce que les femmes ont du microcrédit ici ? Est-ce qu’il est assez moins cher ? »

Ces interrogations mettent en lumière sa connaissance des réalités locales et font émerger publiquement les besoins de la zone. Il détaille ensuite les volets de son programme : pêche, agriculture, accès au financement et protection sociale pour ceux ayant travaillé la terre toute leur vie sans retraite.

Houéyogbé, artisanat, verrerie et valorisation des savoir-faire

À Houéyogbé, reconnue pour sa poterie en terre cuite et les Guédégbé, symboles de la tradition culturelle locale, il valorise la transformation artisanale : « Les machines peuvent aider nos mamans à faire beaucoup plus de poterie en moins de temps et moins péniblement pour gagner beaucoup d’argent. »

Il propose également un projet industriel pour faire de la verrerie un vrai levier économique : « On a de quoi fabriquer des verres de bonne qualité qu’on peut commercialiser. Nous voulons faire de la verrerie un vrai projet. » L’objectif est de générer des revenus pour les femmes et les artisans et de rapprocher le développement des communautés de leurs ressources.

Lokossa, le fils prodige porté par une ferveur débordante

La tournée s’achève à Lokossa, chef-lieu du Mono et commune d’origine paternelle. Dans un stade plein à craquer, saturé de chants, de vuvuzelas et de slogans, les décibels montent. Il est accueilli comme « le fils prodige » et « le soleil de Lokossa ». Romuald Wadagni chante avec le public et répond aux refrains. Le silence presque impossible pour à instaurer traduit à lui seul son lien intime avec la ville et sa connaissance des réalités locales.

Sa colistière, Mariam Chabi Talata, souligne : « Aujourd’hui, j’ai vu le candidat chanter et danser. Ça veut dire que Lokossa est bien particulière. Ici, c’est chez lui. Tout le Bénin vous regarde. »

Aux côtés de Romuald Wadagni, Bruno Amoussou, ancien président de l’Assemblée nationale du Bénin et fils de Lokossa, transforme la ferveur en mot d’ordre électoral : « Si tu regardes derrière toi, tu nous verras. Dimanche, démontrons qu’on est avec lui. » L’appel à sortir massivement dimanche est repris avec force par la foule.

Dans le Mono, cette tournée a fait de son enracinement local bien plus qu’un atout symbolique : elle l’a converti en promesse implicite d’une gouvernance au plus près des réalités du terrain.

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