L'atelier national sur la compétitivité du transport aérien en Côte d'Ivoire, organisé par la Direction générale du transport aérien (Dgta), s'est ouvert le 9 avril 2026, à la Maison de l'entreprise à Abidjan-Plateau. Pendant deux jours, les acteurs du secteur sont réunis pour élaborer une stratégie nationale qui fera de la Côte d'Ivoire un hub régional à court, moyen et long terme.
Dans sa communication lue par son représentant - Dioman Coné, directeur de Cabinet - le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a souligné les ambitions du gouvernement. « Le transport aérien fait partie désormais des secteurs de haute importance et notre action consistera à veiller à ce que l'aviation assure une mobilité fluide, qui est accessible, fiable pour tous, conformément aux objectifs stratégiques de l'Organisation de l'aviation civile internationale (Oaci) ; et qu'il assure la prospérité économique et le bien-être de nos populations », a-t-il indiqué.
Se félicitant du chemin parcouru dans le repositionnement de la Côte d'Ivoire en général et de son transport aérien en particulier. « Les résultats de ces dernières années témoignent des progrès accomplis et de la vitalité du secteur en Côte d'Ivoire. À titre d'exemple, l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan a enregistré en 2025 un trafic de 2 551 915 passagers contre 2 535 451 en 2024 ; 33 228 mouvements d'avions, et 34 844 tonnes de fret commercial, en progression de 7 % sur un an. Au niveau du trafic domestique, nous dénombrons en moyenne 100 000 passagers par an transporté sur les aéroports de l'intérieur », a-t-il rappelé.
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Le ministre des Transports et des Affaires maritimes a également fait une projection du ciel africain en s'appuyant sur les projections de l'Atag (Air transport action group) dans son rapport Aviation Benefits Beyond Borders 2024 qui « estiment que son impact économique sur le continent pourrait atteindre 190 milliards de dollars à l'horizon 2043, et soutenir jusqu'à 16 millions d'emplois, soit une croissance de plus de 90 % par rapport à aujourd'hui. La Côte d'Ivoire doit prendre toute sa part dans cette trajectoire ».
Quelques pistes de solutions
Pour sa part, l'expert de l'Initiative mondiale pour l'Afrique occidentale, centrale et australe (GI Wacaf), Antoine Ganemtoré, a salué l'atelier qui cadre, a-t-il expliqué, avec les ambitions de l'Union africaine et les normes internationales. Il a fait quelques recommandations à l'endroit des autorités ivoiriennes, afin de préparer le pays qui devrait être un hub régional à l'horizon 2046 pour les départs et les arrivées des aéronefs, des passagers et du fret. Il a suggéré notamment aller au-delà du taux de sécurité de 93,89 % qui fait de la Côte d'Ivoire « le pays le plus performant d'Afrique ».
Pour accueillir les plus de 10 millions de passagers, il suggère la construction d'une deuxième piste, la réhabilitation d'une autre et l'augmentation des parkings de stationnement pour Abidjan et la mise aux normes des aéroports de l'intérieur, mais aussi l'accroissement des recettes non-aéronautiques.
Pour traiter les 90 000 à 102 000 tonnes de fret prévues en 2046, il faudra des entrepôts spécialisés, des zones de température contrôlée, le renforcement des corridors logistiques. Relativement à la connectivité régionale et long courrier, il s'agira de renforcer la desserte de l'Afrique centrale et australe notamment, du Moyen-Orient et de l'Europe par Air Côte d'Ivoire. La décarbonation doit avoir une place de choix dans la stratégie. Le gouvernement devra promouvoir le climat des affaires pour les compagnies installées ou soucieuses de le faire.
Quant à Romain Ekoto, Dg de l'Organisation internationale de l'aviation civile (Oaci), a promis que son institution jouera pleinement son rôle de facilitateur dans la mise en oeuvre de cette stratégie. D'autant plus que les enjeux sont hautement stratégiques comme l'a indiqué le Dg du transport aérien, Ahmed Djibril Coulibaly : « Les solutions que nous cherchons ne viendront ni d'une administration seule, ni du secteur privé seul. Elles naîtront de cette intelligence collective, de la confrontation bienveillante et collaborative de vos expertises respectives en toute lucidité et responsabilité ».
Ce, d'autant que le monde évolue dans un contexte d'incertitude, de grandes mutations sociales et technologiques qui requièrent des systèmes économiques bien organisés, qui innovent et qui anticipent, a-t-il souligné.