La Guinée franchit une étape majeure dans la modernisation de son système de contrôle des marchandises avec la tenue, ce vendredi, de la toute première réunion du comité de pilotage du projet de Centre technologique d'inspection et de quarantaine (CTIQ). Cette session inaugurale marque le démarrage effectif d'un projet stratégique appelé à renforcer la crédibilité économique du pays sur la scène internationale.
Dans son discours, Mohamed Kadiatou Sylla, président du comité de pilotage, n'a pas caché l'importance de l'événement. «C'est un immense honneur pour moi de présider aujourd'hui la session inaugurale de ce projet d'envergure», a-t-il déclaré, rappelant que le CTIQ est une initiative directe de l'Office national de contrôle de qualité (ONCQ).
Selon lui, ce futur centre se positionnera comme «le coeur battant du dispositif de régulation » en Guinée, avec pour mission de garantir que toutes les marchandises, à l'import comme à l'export, respectent les normes de qualité les plus strictes.
Une session fondatrice pour structurer le projet
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Cette première réunion du comité de pilotage a permis de poser les bases essentielles du projet. Parmi les points clés examinés figuraient la présentation globale du CTIQ, la validation du plan de travail et du budget annuel (PTBA), l'adoption du règlement intérieur ainsi que la mise en place de protocoles de partenariat entre les différents acteurs.
Pour Mohamed Kadiatou Sylla, l'enjeu est clair: «Nous devons créer une synergie d'action avec toutes les parties prenantes afin d'assurer le succès de cette initiative». Il a également réaffirmé son engagement à travailler étroitement avec les partenaires stratégiques, notamment la société SCALE et le Bureau national d'inspection et de quarantaine (BNIQ).
Un démarrage imminent après une longue phase institutionnelle
De son côté, Amanda LU, directrice générale de la société chinoise SCALE, a annoncé que le projet entre désormais dans sa phase opérationnelle. «Nous avons franchi une longue phase institutionnelle depuis la signature de la convention en juin 2023 », a-t-elle indiqué. Le calendrier est désormais fixé: un premier test d'opérationnalisation est prévu le 20 avril, tandis que le lancement officiel du CTIQ interviendra le 2 mai 2026.
Elle a également précisé que le dispositif reposera sur une collaboration étroite avec plusieurs structures nationales, notamment l'ONCQ ainsi que les laboratoires des mines, des travaux publics, de l'agriculture etc, afin d'assurer un contrôle de qualité multisectoriel.
Un outil stratégique pour renforcer les capacités nationales
Pour Diallo Ousmane Madani, coordinateur du Bureau national d'inspection et de quarantaine (BNIC), cette première session a permis de valider les documents essentiels régissant le fonctionnement de l'organe de gestion du projet.
Il souligne que l'ambition du projet va bien au-delà du simple contrôle des marchandises. « Il s'agit de renforcer les capacités de toutes les structures sectorielles impliquées dans le contrôle de qualité aux frontières », a-t-il expliqué, saluant la mobilisation de l'ensemble des parties prenantes lors de cette rencontre.
Selon lui, tous les points examinés ont été validés, sous réserve de quelques ajustements, confirmant ainsi la volonté commune d'avancer rapidement vers la mise en oeuvre du projet.
Une vision économique ambitieuse pour la Guinée
Présidant la session inaugurale, Bamba Oliano, secrétaire général du ministère de l'Industrie et du Commerce, a replacé le projet dans une perspective plus large. «Cette initiative s'inscrit dans les programmes Industrie-Commerce et la vision Simandou 2040», a-t-il rappelé, soulignant que l'objectif est de transformer l'économie guinéenne en un modèle compétitif capable de conquérir les marchés internationaux.
Pour lui, les frontières constituent un point stratégique: «C'est à nos frontières que se joue la crédibilité de notre économie. Pour exporter et attirer des investisseurs, nous devons garantir la conformité absolue de nos produits ».
Avec ce projet structurant, la Guinée affiche clairement son ambition: se doter d'un système de contrôle moderne et performant, capable de répondre aux exigences du commerce international et de positionner le pays comme un acteur crédible et compétitif dans la sous-région.
Le rendez-vous est désormais pris pour le 2 mai 2026, date officielle du lancement d'un projet qui pourrait bien redéfinir les standards de qualité en Guinée.