Afrique: Perspectives de l'économie mondiale - Une ardoise salée, larguée par les conflits

10 Avril 2026

Indépendamment de l'apaisement relatif, observé suite à un cessez-le-feu précaire entre les parties belligérantes au Moyen-Orient, les conséquences macroéconomiques à l'échelle globale s'annoncent aussi désastreuses que la destruction et la désolation provoquées par bombardements intenses pendant plus d'un mois.

Les chiffres publiés mercredi 8 avril courant par le Fonds monétaire international (FMI), en prélude des Assemblées du printemps (13-18 avril), font état de « cause à effet », pour autant nuancé, entre les dépenses de défense, le déficit budgétaire, les transferts sociaux et le ralentissement de la reprise.

En effet, le chapitre 2 des Perspectives de l'économie mondiale, version avril 2026, relève une augmentation des dépenses de défense « avec l'intensification des tensions géopolitiques ». « Les flambées majeures de ces dépenses sont plus fréquentes, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement.

En période d'envolée, elles progressent d'environ 2,7 points de pourcentage du PIB en deux ans et demi, financées aux deux tiers par un déficit », alerte le FMI qui, tout en admettant le caractère stimulateur de l'activité économique à court terme, met en garde contre le risque d'inflation, entre autres difficultés à moyen terme.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

L'augmentation des dépenses de défense n'a pas un caractère conjoncturel. Elles devraient atteindre 5% du PIB des pays de l'Otan, avec un effet d'entrainement à l'extérieur de cette alliance.

Et d'expliquer : « Les déficits budgétaires se creusent de quelque 2,6 points de pourcentage du PIB, la dette publique s'accroît d'environ 7 points en trois ans, et les soldes extérieurs se dégradent.

En temps de guerre, ces envolées sont particulièrement coûteuses, la dette publique bondissant de 14 points de pourcentage environ, et les dépenses sociales reculant ».

Intérêts imbriqués et contagion

Certes, les conséquences des conflits armés ne se projettent pas de la même manière à travers le monde, puisque les indicateurs macroéconomiques dépendent de nombreux facteurs endogènes et exogènes propres à chaque économie.

Toutefois, du fait que les intérêts sont imbriqués et interdépendants à travers le monde, le risque de contagion est élevé avec des effets en cascade, parfois incontrôlables.

Sur la base d'études économiques approfondies couvrant l'économie mondiale depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945, il s'avère que « les pays où se déroulent les combats subissent des pertes de production vastes et persistantes, supérieures à celles dues aux crises financières ou aux graves catastrophes naturelles, avec des effets de contagion notables sur d'autres pays ».

Pire encore, selon le chapitre 3 des Perspectives de l'économie mondiale, « les reprises économiques sont lentes et inégales, et dépendent de la pérennité de la paix. Même lorsque la paix s'installe, les reprises restent modestes par rapport aux pertes.

Elles sont principalement tirées par la main-d'oeuvre, tandis que le capital et la productivité restent atones ».

Pour y remédier, l'institution financière recommande « une stabilisation macroéconomique rapide, une restructuration des dettes, un soutien international et des réformes institutionnelles nationales ».

Selon l'économiste du FMI, Evgenia Weaver, « le redressement à la sortie d'un conflit nécessite des mesures visant à réduire l'incertitude, à reconstituer le capital et à aider les personnes déplacées à rentrer chez elles ».

La question devrait être débattue davantage lors des réunions du printemps du FMI et de la Banque mondiale du 13 au 18 avril courant, avec une mise à jour des principaux indicateurs de l'économie mondiale, établis en fonction des derniers développements relatifs aux conflits ainsi que par rapport à l'évolution des marchés en conséquence.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.