Le cancer est souvent évoqué comme un enjeu de santé publique. C'est vrai. Mais celles et ceux qui y sont confrontés savent qu'il s'agit de bien plus que cela. Malheureusement, la maladie ne touche pas seulement un corps. Elle s'installe dans une vie, elle bouleverse une famille, elle fragilise des équilibres, elle impose des renoncements que l'on ne voit pas toujours.
C'est cette réalité qui m'a profondément marquée au fil des rencontres et qui oblige à regarder autrement la réponse que nous apportons. Soigner est indispensable. Mais soigner seul ne suffit pas. Il faut prévenir, dépister tôt, accompagner dans la durée. Il faut aussi tenir compte de ce que la maladie fait aux vies, au-delà de ce qu'elle fait aux organismes.
Elle atteint avec une intensité particulière les femmes, non seulement parce qu'elles sont directement exposées à certaines formes de cancer, mais aussi parce qu'elles portent, souvent en première ligne, le poids invisible de l'épreuve. Même malades, elles continuent de porter leur foyer, de préserver l'essentiel et de rassurer les autres, alors qu'elles ont, elles aussi, besoin d'être rassurées.
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Et lorsqu'elles accompagnent un proche, elles assument, dans une discrétion presque constante, une charge émotionnelle et matérielle qui dépasse largement ce que l'on perçoit. Cette double exposition, à la fois intime et sociale, impose que notre réponse soit à leur mesure ; une réponse attentive, respectueuse et pleinement consciente de ce qu'elles traversent.
C'est dans cette compréhension que s'inscrit la création du Centre national de dépistage des cancers, dont la première pierre a été posée, il y a quelques jours, à Guédiawaye, à proximité de l'hôpital Dalal Jamm.
Ce centre a été pensé comme un maillon structurant de la lutte contre le cancer dans notre pays. Il permettra d'élargir l'accès au dépistage, d'améliorer le diagnostic précoce, de renforcer la prévention et la sensibilisation, mais aussi de soutenir les professionnels de santé et les relais communautaires dans leur travail quotidien.
Au-delà de ces fonctions essentielles, il porte une ambition plus large, en organisant un parcours cohérent, qui va de l'information au suivi, en passant par l'orientation et l'accompagnement. Trop souvent, les patients entrent dans le système de soins sans repères, sans continuité, parfois sans soutien et cela doit changer.
Nous savons aujourd'hui que l'efficacité d'une politique de santé ne repose pas uniquement sur les équipements ou les compétences médicales. Elle repose aussi sur la capacité à comprendre les obstacles concrets que rencontrent les patients, et à y répondre de manière adaptée.
C'est dans cette logique que le centre a été conçu. Avec des objectifs clairs, à savoir augmenter le nombre de personnes dépistées chaque année, réduire les abandons de soins, améliorer l'accompagnement des patients et de leurs proches, et renforcer durablement les capacités de notre système de santé.
Mais aucun dispositif, aussi structuré soit-il, ne peut produire ses effets sans une mobilisation plus large.
C'est le sens du lancement de la Fondation nationale Sénégal solidaire. Elle ne se substitue pas aux politiques publiques. Elle vient les soutenir, en mobilisant des ressources philanthropiques nationales comme internationales, ainsi que des engagements au service des plus vulnérables. J'ai choisi d'y contribuer en mettant mon image au service de cette cause, pour soutenir les efforts de mobilisation et de solidarité.
Cet engagement s'inscrit dans une dynamique collective. Je tiens à remercier le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, avec qui je partage cette attention constante aux questions de santé et de dignité humaine. Je salue également l'action du Ministre de la Santé et de l'Action sociale, ainsi que le travail remarquable de la Ligue sénégalaise contre le cancer, des médecins, des chercheurs et de l'ensemble des personnels de santé.
Leur engagement quotidien est la base de tout ce que nous construisons. Mais au coeur de cette démarche, il y a les patients.
À celles et ceux qui vivent cette épreuve, je veux dire que chaque initiative prise aujourd'hui l'est avec une seule idée, celle d'améliorer concrètement votre quotidien, faciliter votre parcours, alléger ce qui peut l'être.
La maladie impose des épreuves que personne ne choisit. Mais nous pouvons, collectivement, faire en sorte qu'elle ne se double pas d'une épreuve supplémentaire liée à l'isolement, aux contraintes matérielles ou au manque d'accompagnement.
C'est dans cet esprit que je poursuis cet engagement ; avec constance, avec respect, et avec la conviction que prendre soin, c'est d'abord ne laisser personne de côté.