Dans le cadre de sa mission relative à la gestion du volet social des travaux de construction des trois échangeurs du boulevard Coffi Gadeau, dans la commune de Cocody, l'Organisation non gouvernementale Interafricaine pour la promotion de la santé et des droits humains (Ipsdh) a initié, ce samedi 11 avril 2026, une vaste campagne de sensibilisation sur les différents sites du projet.
« J'apprécie cette manière de nous approcher, de nous sensibiliser et de communiquer sur un sujet aussi important qu'est le Vih/Sida. Avec ces messages portés sur ces grandes affiches, je suis convaincu que les messages véhiculés vont toucher plus d'un », s'est félicité Antoine Koffi, rencontré à l'échangeur de la palmeraie.
A sa suite, Reine Tokia Antoinette a également salué l'initiative qu'elle juge salutaire et porteuse d'espoir. Selon elle, outre les gadgets distribués à cette occasion, les méssages véhiculés touchent la cible que sont surtout les jeunes.
Kambou Lucien, environnementaliste au sein de la mission de contrôle du projet de construction des trois échangeurs, a, lui, rappelé que cette initiative concerne trois ouvrages d'art réalisés sur le boulevard Coffi Gadeau, anciennement dénommé boulevard Mitterrand.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Ces échangeurs dit-il, sont implantés à des carrefours stratégiques, notamment ceux de l'École de Police, du 9e kilomètre et du carrefour situé après le Barrage, communément appelé Palmeraie.
Le projet est initié par le gouvernement ivoirien et bénéficie du financement de l'Agence japonaise de coopération internationale (Jica). Sa mise en oeuvre est assurée avec l'assistance du maître d'ouvrage, sous la coordination de l'Ageroute, en partenariat avec le ministère de l'Équipement et de l'Entretien routier.
Des campagnes de sensibilisation environnementale et sociale continues
À ce jour, dix campagnes de sensibilisation ont été conduites dans le cadre de ce projet. Dès le lancement des travaux, un Plan de gestion environnementale et sociale (Pges) a été élaboré, accordant une place de choix aux actions de sensibilisation, aussi bien en direction des travailleurs des chantiers que des populations riveraines.
Ces campagnes mettent un accent particulier sur la lutte contre le Vih/Sida. Bien que cette pathologie soit présente depuis plusieurs décennies, il est rappelé qu'il existe des moyens efficaces de prévention, ainsi que des possibilités permettant de vivre avec la maladie.
Afin de renforcer l'impact de ces actions, une Ong spécialisée a été mobilisée. Depuis l'année 2023, des campagnes de sensibilisation sont organisées de manière bimensuelle. La dixième session en cours se distingue par son caractère itinérant et son ampleur accrue.
Dans ce cadre, des affiches de sensibilisation ont été conçues et installées à différents points stratégiques, notamment à Carrefour, Palmeraie, au 9 km et à l'École de Police. Parallèlement, les actions ciblent également les usagers de la route, les exploitants de petits commerces, ainsi que les voyageurs et les personnes en transit à proximité des zones de travaux.
Cette campagne vise à associer l'ensemble des parties prenantes, en particulier les populations résidant aux abords du chantier. À cette occasion, Kambou Lucien a tenu à saluer l'engagement de l'Ong partenaire, l'Interafricaine pour la promotion de la santé et des droits humains (Ipsdh), présidée par Mme Koudou Josiane, pour son action constante en faveur des populations ivoiriennes, des travailleurs du projet et des communautés environnantes.
Des résultats tangibles et encourageants
S'agissant de l'impact de ces campagnes, Kambou Lucien a indiqué que les résultats sont particulièrement probants. Les actions de sensibilisation produisent des effets concrets et mesurables. Les travailleurs, désormais fortement imprégnés des messages, n'hésitent plus à solliciter régulièrement la poursuite de ces campagnes.
« À chaque session, les comportements responsables sont rappelés, de même que les pratiques à proscrire. Les travailleurs s'approprient progressivement cette démarche, tandis que les populations riveraines manifestent un intérêt croissant pour ces séances de sensibilisation », s'est-il félicité.
Une prise en compte globale des enjeux environnementaux
Au-delà de la lutte contre le Vih/Sida, d'autres aspects environnementaux font également l'objet d'un suivi rigoureux. M. Kambou Lucien a souligné l'existence de nuisances liées notamment au bruit, à la poussière et aux activités menées sur les bases-vie, génératrices de sons et de vibrations.
Afin de réduire ces impacts, diverses mesures ont été mises en oeuvre, parmi lesquelles des analyses régulières des paramètres environnementaux, portant sur le bruit, la qualité de l'air et les vibrations. Ces évaluations donnent lieu à l'élaboration de rapports semestriels.
Un dispositif sécuritaire renforcé sur les chantiers
Sur le plan de la sécurité, il a été précisé que l'entreprise en charge des travaux a déployé un dispositif complet destiné à prévenir les accidents de la circulation. Des voies latérales, communément appelées voies contrôlées, ont été aménagées, avec la création de trottoirs dédiés aux piétons.
« Si, au départ, ces aménagements pouvaient présenter certaines contraintes, la situation s'est nettement améliorée grâce au revêtement bitumé, à la pose de pavés et à l'installation d'une signalisation complète », a expliqué le spécialiste.
Les résultats sont jugés satisfaisants. Les riverains bénéficient désormais d'un niveau de sécurité accru, et le nombre d'accidents de la circulation a considérablement diminué, tant sur le site du projet qu'au sein du personnel. « L'équipe se déclare globalement très satisfaite des avancées et des résultats obtenus », a-t-il conclu.
Une sensibilisation renforcée par la communication visuelle
Pour sa part, M. Noël Koné, responsable Qhse, a indiqué que, pour cette session, l'accent a été mis sur la communication visuelle, à travers l'installation de grandes affiches véhiculant des messages de sensibilisation à l'attention des usagers.
« Ces messages concernent à la fois l'ensemble des contractants impliqués dans le projet et les populations riveraines qui circulent quotidiennement dans la zone des travaux », a-t-il précisé.
L'objectif, selon lui, est de réaliser ces ouvrages sans porter atteinte à la santé des populations. « En ce qui concerne la lutte contre le VIH/Sida, il s'agit d'une réalité persistante. Le virus existe toujours et n'a pas disparu. Nous devons tous nous engager afin de vaincre cette maladie », a-t-il averti.
Nécessité d'une sensibilisation permanente
Intervenant à son tour, Mme Josiane Koudou, présidente de l'Ipsdh, a dressé un bilan globalement positif des différentes séances de sensibilisation. « Le bilan est satisfaisant dans l'ensemble. Toutefois, comme le veut l'adage, aucune oeuvre n'est parfaite. C'est pourquoi nous avons sollicité la reconduction de ces campagnes », a-t-elle expliqué.
Elle a par ailleurs souligné que les populations cibles sont en constante mobilité, justifiant ainsi le choix d'une sensibilisation permanente.
« Dans un contexte marqué par le retrait de certains bailleurs de fonds dans la lutte contre le Sida, il est essentiel que ce type d'initiative soit mené de façon continue », a-t-elle conclu.