Le taux d'inflation annuel du Ghana a diminué à 3,2% en mars, contre 3,3% en février, marquant un 15ème mois consécutif de baisse, selon les données publiées par le bureau national des statistiques.
Le statisticien du gouvernement, Alhassan Iddrisu, a déclaré que le dernier chiffre représente le niveau le plus bas depuis le rebasage de l'indice des prix à la consommation en 2021, soutenu par la stabilité de la monnaie.
L'inflation des produits alimentaires a ralenti à 2,3 %, tandis que l'inflation des produits non alimentaires a légèrement diminué à 3,9 %. L'inflation des biens a fortement chuté à 1,7 %, tandis que l'inflation des services a augmenté à 7,2 %, montrant une pression dans les secteurs liés aux services.
Sur une base mensuelle, les prix ont augmenté de 0,1 %, ce qui indique une légère inflation sous-jacente. L'inflation des importations est tombée à -0,6 %, tandis que l'inflation des biens produits localement a augmenté à 4,9 %.
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Ces données sont publiées alors que les prix mondiaux du pétrole augmentent en raison des tensions géopolitiques, bien que l'impact sur l'inflation intérieure soit resté limité jusqu'à présent.
Points clés à retenir
L'évolution de l'inflation au Ghana est un cas rare de désinflation soutenue en Afrique, grâce à la stabilité de la monnaie et à l'atténuation des pressions extérieures sur les prix. La baisse de l'inflation des biens et des importations suggère que la gestion des taux de change et les tendances des prix mondiaux soutiennent le ralentissement général.
Toutefois, la hausse de l'inflation des services met en évidence l'émergence de pressions sur les coûts intérieurs, qui sont souvent plus difficiles à contrôler par la seule politique monétaire. La divergence entre l'inflation importée et l'inflation locale indique également que les contraintes d'approvisionnement internes et les structures de coûts pourraient devenir la prochaine source de risque d'inflation.
La Banque du Ghana a réagi en abaissant son taux directeur à 14 %, marquant ainsi une cinquième réduction consécutive, bien que l'ampleur moindre des réductions récentes incite à la prudence face à l'augmentation des risques mondiaux. La hausse des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques pourrait encore alimenter l'inflation au fil du temps, notamment par le biais des coûts du carburant et des transports.
Pour les décideurs politiques, le défi consistera à maintenir la tendance à la désinflation tout en gérant les chocs extérieurs et les pressions intérieures. Pour les investisseurs, la baisse de l'inflation et des taux d'intérêt pourrait soutenir la croissance du crédit et l'investissement, mais les risques restent liés aux prix mondiaux des matières premières et à la stabilité des monnaies.