Congo-Kinshasa: Prix des carburants - La guerre au Moyen-Orient souligne la vulnérabilité du pays

La guerre au moyen Orient fait pression sur le prix du carburant. On l'a vu le mois dernier en RDC, quand fin mars, alors que le ministre congolais des Hydrocarbures déclarait que la capitale ne connaissait aucune pénurie, les automobilistes de Kinshasa ont constaté des difficultés à s'approvisionner. Cela n'a duré que quelques jours, mais le risque de pénurie et de hausse des prix demeure.

Fin mars, dans les rue de Kinshasa, le carburant se vendait entre 4000 et 5000 francs congolais le litre sur le marché parallèle contre 3000 francs congolais quelques jours auparavant. Une flambée qui n'a duré que quelques jours mais qui rappelle la vulnérabilité de la RDC.

La RDC pays producteur n'a plus d'usine de raffinage

Cette dépendance aux importations est accentuée par l'absence d'usine de raffinage dans le pays. Le pays importe la totalité de ses produits pétroliers raffinés : essence, gasoil, kérozène et autre dérivés.

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Aussi, la moindre tension au niveau international, que ce soit la guerre au Moyen-Orient ou en Ukraine, se répercute sur le prix du baril et donc sur le prix du carburant à la pompe, nous explique Jacques Mukena, de l'Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence : « Le Congo produit du pétrole mais n'en raffine pas, alors il dépend fortement de l'extérieur... et ça se voit systématiquement en cas de choc externe : Covid, guerre en Ukraine, à Gaza... »

Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, est d'ailleurs revenu sur ce sujet il y a quelques jours, indiquant que la transformation locale du pétrole est une nécessité afin de réduire l'impact économique dû à la fermeture du détroit d'Ormuz. Le gouvernement congolais tente de rassurer appelant les opérateurs pétroliers à l'apaisement et soutenant que le pays dispose encore d'un stock de deux mois.

Autre problème, soulignent les économistes, c'est que le prix du carburant en RDC est fixé par le gouvernement - pour éviter que les chocs extérieurs ne se répercutent sur les prix à la pompe - et c'est le gouvernement qui doit absorber une partie du prix. Une sorte de subvention qui, sur le long terme, coûte cher surtout quand les prix du pétrole s'envolent comme ça a été le cas fin mars quand le cours du Brent a frôlé les 120 dollars le baril.

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