Tunisie: Marche de la société civile contre le racisme et la répression

En Tunisie, une marche contre le racisme, organisée par l'ONG le Forum des droits économiques et sociaux a mobilisé une centaine de personnes à Tunis dans la capitale. Depuis les propos controversés du président Kaïs Saïed en février 2023 à l'encontre des migrants subsahariens, la situation des migrants a empiré et les militants défenseurs de leurs droits ont été pour certains, emprisonnés.

Des slogans contre le racisme, mais peu de monde pour défendre cette cause.

Une désaffection liée au climat politique difficile, selon Wael Garnaoui, psychologue et spécialiste de la migration. « Bien sûr que le racisme existe partout dans le monde, mais le discours politique et l'institutionnalisation du racisme ont beaucoup impacté la dynamique sociale de la Tunisie, notre regard à l'autre, la question de l'altérité... Le problème des Tunisiens, pas de tous les Tunisiens mais d'une majorité des Tunisiens, (c'est) la peur des migrants ! »

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Rania, 30 ans, estime qu'il faut continuer à se mobiliser pour cette cause, surtout quand deux militants antiracistes, Saadia Mosbah et Abdallah Saïd, sont emprisonnés depuis deux ans, accusés de malversations financières et de blanchiment d'argent. « Moi je suis là en solidarité avec ceux qui sont encore en prison et aussi pour revendiquer mon droit à manifester pour cette cause, pour les droits humains et les droits des migrants ! », lance Rania.

La militante tunisienne antiraciste Saadia Mosbah a été condamnée à huit ans de prison et 100 000 dinars d'amende (environ 30 000 euros), en mars dernier. Ses avocats dénoncent un dossier d'accusation vide. Le procès d'Abdallah Saïd de l'association Les enfants de la Lune, emprisonné depuis 2024 aussi pour son travail sur la migration, est prévu le 21 avril avril. Il est accusé de blanchiment d'argent et de complot contre la sûreté de l'État.

Cette manifestation intervient dans un contexte où la désinformation et la banalisation de la haine envers les migrants restent très présentes sur les réseaux sociaux, selon les ONG.

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